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Un an après le drame de la rue d'Aubagne, Marseille toujours gangrené par l'habitat indigne

Une affiche montrant les visages des victimes de l'effondrement de la rue d'Aubagne à Marseille

Une affiche montrant les visages des victimes de l'effondrement de la rue d'Aubagne à Marseille - AFP - Gérard Julien

Les drapeaux sont en berne ce mardi dans la cité phocéenne, en hommage aux huit personnes décédées lors du drame qui s'est déroulé le 5 novembre 2018. La peur d'un nouvel effondrement ne s'est pas dissipée depuis.

Un an après le drame de la rue d'Aubagne, qui a eu lieu le 5 novembre 2018, la colère des Marseillais ne s'estompe pas. Ce mardi, les drapeaux sont en berne dans cité phocéenne, en hommage aux huit personnes mortes lors des effondrements de deux immeubles vétustes, situés aux numéros 63 et 65 de leur rue. 

Depuis, l'état du logement à Marseille ne cesse de préoccuper de nombreux habitants. Le 24 octobre dernier, Zohra ainsi a vu le plafond de son appartement s'effondrer subitement durant une journée pluvieuse:

"Le toit est tombé sur notre tête, sur la tête de mon petit frère. (...) On savait que ça allait tomber dessus, ça grinçait, on entendait du bruit (...) et il y avait de l'eau qui tombait aussi, et les plombiers sont venus mettre deux-trois coups. Ils ont vu que (...) c'était profond", rapporte Zohra.

Des personnes "à l'hôtel depuis un an"

Pour les Marseillais vivant dans des quartiers insalubres, d'autres vont continuer à subir le même sort. "Ça ressemble aux toits des bidonvilles", constate Mohamed, membre du collectif "5 Novembre". 

"Toutes les parties qui sont cassées (ne sont) pas entretenues, tous les fils (...) sont tirés de manière sauvage, on voit des fenêtres condamnées, on voit des fissures partout", égrène-t-il. 

La mairie de Marseille est explicitement pointée du doigt. Les associations concernées de près ou de loin par le drame du 5 novembre 2018 estiment que les pouvoirs publics ne s'impliquent pas suffisamment dans la réfection des quartiers à risque. 

"Cette crise est gérée de manière insuffisante (...) en termes d'effectifs, de personnels, de moyens, de volonté, de prendre en charge les personnes de manière digne et respectueuse et rapide. Il y a des personnes qui sont à l'hôtel depuis plus d'un an", dénonce Laura, une autre membre du collectif "5 Novembre". 

"Un an après le drame de la rue d'Aubagne, 100.000 personnes vivent encore dans des taudis" à Marseille, sur 860.000 habitants, accuse la Fondation Abbé Pierre. La ville de Marseille assure avoir évacué plus de 3000 personnes par mesure de précaution. Plus de la moitié a pu être relogée. 

Charlotte Onfroy-Barrier avec Jules Pecnard