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"Sans ces locations je ne peux pas vivre à Paris": colère de propriétaires Airbnb contre la mairie de Paris

Des propriétaires qui louent leurs logements sur Airbnb font part de leur "colère" dans une lettre ouverte adressée à Anne Hidalgo, alors que la maire envisage de diminuer le nombre de nuitées autorisées à la location. Ces hébergeurs se défendent d'être des "multi-propriétaires" qui contribueraient à la hausse des prix des loyers.

Paris est parti en guerre contre Airbnb. Depuis de nombreux mois, la municipalité a décidé de s'attaquer au géant de la location touristique. Dimanche dernier dans le JDD, Anne Hidalgo annonçait sa décision d'attaquer en justice la plateforme, réclamant une amende record de 12,5 millions d'euros pour un millier d'annonces illégales mises en ligne.

La mairie de Paris indiquait également son souhait de voir diminuer le nombre de nuitées autorisées de 120 à 30 par an. Une annonce qui fait bondir les propriétaires.

"Pas responsables du renchérissement de la vie"

Plusieurs "clubs d'hôtes" lui adressent ce jeudi une lettre ouverte, que BFM Paris a pu consulter. Ils s'adressent à Anne Hidalgo pour exprimer leur "colère", leur "inquiétude" et leur "incompréhension".

"Vous ne pouvez pas, le même jour jurer la main sur le coeur que vous ne vous en prenez pas aux 'Parisiens qui louent leur logement quelques jours par an pour mettre du beurre dans les épinards', et demander un seuil abaissé à 30 jours pour les habitants qui louent leur résidence principale sur Airbnb pour améliorer leur quotidien", écrivent-ils dans cette lettre. 

Ils réfutent être des "multi-propriétaires", ceux accusés par la mairie de Paris d'organiser un business qui contribue à l'augmentation des prix du marché.

"Non, nous ne sommes pas responsables de la fermeture des crèches. Non, nous ne sommes pas responsables du renchérissement de la vie et de la hausse des loyers", martèlent-ils. 

"Sans ces locations, je ne peux pas vivre à Paris"

Eliane Defrance, hôte Airbnb à Paris fait partie des signataires de cette lettre. Elle déplore que la Ville "montre du doigt" les propriétaires pour en faire "des coupables".

"Nous sommes des milliers dans mon cas (...). Madame Hidalgo fait état de multi-propriétaires, moi je n'ai que cet appartement. J'ai 70 ans, je suis retraitée depuis bientôt 15 ans, comme chacun sait les retraites n'augmentent pas. 15 ans après je suis dans une situation financière qui est presque précaire et sans ces locations, je ne peux pas vivre à Paris", explique-t-elle sur BFM Paris. 

"Demain si Madame Hidalgo décide de passer à 30 nuits la location saisonnière, Madame Hidalgo m'aura fait quitter Paris. Je ne pourrais pas rester à Paris", ajoute cette retraitée. 

Les propriétaires insistent sur leur contribution à la vie économique, arguant avoir "généré un montant de 7,5 millions d'euros de la taxe de séjour pour l'année 2018 au bénéfice de la ville de Paris".

Les hôtes signataires de la lettre ouverte, qui rappellent être "aussi des électeurs parisiens" demandent à la maire de Paris de revenir sur ses déclarations et réclament davantage de dialogue.

dossier :

Anne Hidalgo

Carole Blanchard