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Paris: huit anciens squatteurs d’un immeuble inoccupé devant la justice

Huit anciens squatteurs d’un immeuble inoccupé de la rue de Sèvres à Paris comparaissent ce jeudi devant la cour d’appel. La propriétaire leur réclame des dédommagements conséquents. Eux déplorent que des logements soient laissés vacants en plein Paris.

En 2008, ils étaient huit à s’être installés illégalement au 69 rue de Sèvres dans le 6e arrondissement de Paris. Dans ce quartier chic, à deux pas du Bon Marché, le petit immeuble dont la peinture s’écaille ne paye pas de mine. Le rez-de-chaussée est un pas-de-porte idéal pour un commerce mais la devanture de cette ancienne pharmacie est murée. La porte d’entrée est quant à elle condamnée par une porte blindée. Face à cet immeuble laissé vide, Rémi Duprez, ex-occupant éprouve du dégoût.

"Les gens devraient être incités d’une manière ou d’une autre à faire quelque chose de leur immeuble parce que c’est complètement scandaleux (…). Il y en a beaucoup d’autres et des appartements individuels dans des immeubles habités qui sont libres, vacants", dénonce-t-il.

Des appartements vides de 50m2

En avril 2008, Rémi et sept autres jeunes précaires qui militent pour les réquisitions de logements vacants avec le collectif Jeudi noir, s’installent rue de Sèvres. A l’intérieur de cet immeuble de cinq étages, plusieurs appartements de 50 mètres carrés.

Dans l'immeuble, les squatteurs ont occupé des appartements vacants.
Dans l'immeuble, les squatteurs ont occupé des appartements vacants. © Capture BFM Paris

80.666 euros de dommages et intérêts en première instance

Pendant quatorze mois, ils squattent le bâtiment avant d’être expulsés et poursuivis en justice par la propriétaire. Pour l’avocat du collectif, ce procès est caricatural.

"Evidemment si on occupe votre appartement pendant que vous êtes en vacances, vous avez un préjudice, c’est évident. Mais cette dame-là n’habite pas dedans, elle n’avait pas le projet que quelqu’un habite dedans. Quel dommage elle a?", s’interroge-t-il.

En première instance, le collectif avait été condamné à payer 80.666 euros à la propriétaire. Contactée par BFM Paris, la propriétaire de l'immeuble n'a pas souhaité faire de commentaire. A Paris, l’Insee estime qu’environ 100.000 logements sont laissés vacants.
Carole Blanchard avec Séga Kanouté