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Logement: la trêve hivernale des expulsions débute vendredi soir

Les propriétaires peuvent déposer des plaintes pendant l'hiver, mais la police n'expulsera personne entre novembre et le 31 mars.

Les propriétaires peuvent déposer des plaintes pendant l'hiver, mais la police n'expulsera personne entre novembre et le 31 mars. - Alexandre Prevot – Flickr - CC

Dernière journée d'expulsions avant la trêve hivernale. A partir de vendredi soir, et jusqu'au 31 mars, les propriétaires n'auront plus le droit de faire expulser les locataires de leurs logements.

Elles vivent dans la crainte de voir arriver l'huissier et les policiers et de se retrouver à la rue: des milliers de familles menacées d'expulsion pour impayés vont bénéficier d'un répit à partir de vendredi soir, avec le début de la trêve hivernale.

Cette trêve, obtenue par l'Abbé Pierre après l'hiver 54, démarre chaque année le 1er novembre mais débute véritablement la veille au soir, les expulsions étant interdites entre 21heures et 6 heures. Elle interdit jusqu'au 31 mars toute expulsion de locataires, même si le propriétaire a entamé une procédure judiciaire.

"Les expulsions s'accentuent avant la trêve"

Certaines personnes ne bénéficient pas de la trêve hivernale. Les squatteurs et les personnes qui restent dans un logement étudiant qui ne leur sont pas attribués peuvent être expulsés. C'est également le cas des habitants d'immeubles ayant fait l'objet d'un arrêté de péril ou de ceux qui peuvent se reloger.

Jusqu'à vendredi soir, la situation reste tendue pour beaucoup de foyers, souligne Benoît Filippi, du Réseau Stop aux expulsions (Resel), car "les expulsions s'accentuent juste avant la trêve".

Forcément, souligne Jean Perrin, président de l'Union nationale des propriétaires immobiliers, puisque la trêve réduit la période d'intervention. Il plaide pour sa suppression, qui permettrait d'étaler sur l'année les expulsions, qui selon lui "ne sont pas plus nombreuses". Par contre, "il y a beaucoup de retards de paiement. Au lieu de payer le 5 du mois, le locataire paye le 25".

De plus en plus de gens font appel à la Fondation Abbé Pierre

La Fondation Abbé Pierre note, elle, "une aggravation de la situation". De plus en plus de femmes seules avec enfants, de personnes au chômage ou en fin de droits appellent sa plateforme téléphonique "Allo prévention expulsion".

Ce sont des gens "qui ne se chauffent plus ou a minima", qui vivent "une vie de restrictions" pour tenter de rester dans leur logement, mais qui "finissent par basculer", explique Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation.

La trêve constitue "un répit" pour eux, dit-il. "La crise entraîne une augmentation des impayés, qui entraîne une augmentation des assignations en justice, qui entraîne une augmentation des jugements, et donc une augmentation des expulsions".

A Nice, une femme de 98 ans et sa fille de 64 ans n'ont pas pu en bénéficier. Elles ont été expulsées de leur domicile mardi pour une dette d'impayés de plus de 20.000 euros. "Aujourd'hui, on met les personnes d'un grand âge à la rue", a dénoncé leur avocate.

J.S avec AFP