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Les juges vident le logement de Teodorin Obiang à Paris

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PARIS (Reuters) - Deux juges français ont entrepris de vider l'immeuble parisien du fils du président de la Guinée Equatoriale, visé par une plainte...

PARIS (Reuters) - Deux juges français ont entrepris de vider l'immeuble parisien du fils du président de la Guinée Equatoriale, visé par une plainte dans l'enquête sur les biens détenus en France par des dignitaires africains, apprend-on de source judiciaire.

La perquisition commencée mardi va se poursuivre jusqu'à la fin de la semaine dans cet immeuble dont le faste a médusé les policiers et les "déménageurs" requis par la justice qui campent devant le 42 avenue Foch, selon plusieurs sources.

L'organisation anti-corruption Transparency, à l'origine de l'affaire, estime que l'opération conforte le soupçon selon lequel les dirigeants équato-guinéens, dont Teorodin Obiang, le fils du président, pillent les caisses de l'Etat.

La Guinée équatoriale parle de son côté d'une violation de la protection diplomatique et de sa souveraineté et songe à saisir la Cour internationale de la justice, a dit son avocat Olivier Pardo à Reuters.

Acheté selon la justice française au profit de Teodorin Obiang, fils du président équato-guinéen et ministre de l'Agriculture, la propriété s'étale sur plusieurs milliers de mètres carrés selon une source proche du dossier.

Un immeuble de cette taille vaut sur le marché parisien plusieurs dizaines de millions d'euros.

Les policiers ont saisi des objets que Teodorin Obiang a acheté pour 18 millions d'euros lors de la vente aux enchères de la collection d'Yves Saint-Laurent et de Pierre Bergé en mars 2009, ce que montrent des pièces versées au dossier.

Le journal Le Parisien parle aussi de statues de Rodin et de diverses autres oeuvres d'art.

UNE MISSION DIPLOMATIQUE ?

"Nous avons la conviction que les Obiang ont constitué en France un patrimoine privé par le détournement de fonds publics, mais seule la justice peut l'établir", a dit à Reuters Daniel Lebègue, président de Transparency France.

Le dossier contient d'autres éléments, comme un document montrant que les paiements pour l'achat d'un autre immeuble privé proviennent du compte ouvert par le Trésor public guinéen à la Banque de France, souligne une source proche du dossier.

Olivier Pardo assure que l'immeuble a été déclaré fin 2011 comme mission diplomatique et résidence de la représentante de la Guinée à l'Unesco.

"Ces opérations de perquisition à grand spectacle sont donc illégales et vexatoires. Toute la procédure n'est pas conforme au droit international public", a-t-il dit à Reuters.

La justice a déjà saisi en septembre 2011 des voitures de luxe dans l'immeuble de l'avenue Foch, dont sept Ferrari.

Sans précédent en Europe, la procédure vise aussi les biens détenus en France par les familles d'Ali Bongo (Gabon), Denis Sassou N'Guesso (Congo-Brazzavile), qui possèdent respectivement à Paris 39 et 24 propriétés immobilières de luxe et environ 200 comptes bancaires au total.

Thierry Lévêque