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Encadrement des loyers : la fin de la crise du logement ?

En 10 ans à Paris, les loyers ont augmenté de 50%.

En 10 ans à Paris, les loyers ont augmenté de 50%. - -

Hier lundi, la ministre du Logement Cécile Duflot a annoncé un décret pour encadrer les loyers lors du changement de locataire. Cette mesure peut-elle vraiment enrayer la crise du logement ?

C'était la 22e proposition des 60 engagements de campagne de François Hollande: encadrer les loyers. Cécile Duflot, la ministre du Logement, l'a annoncé hier lundi : un décret sera publié dans l'été pour encadrer très strictement les loyers à la relocation. Entre 2001 et 2011, les prix des loyers à la relocation ont augmenté de 50 % à Paris. Le décret doit enrayer cet emballement. Après la publication de ce décret, pas de gel des loyers : mais lorsqu'un locataire quitte par exemple un studio, son propriétaire ne pourra pas augmenter son loyer plus que l'indice de référence, adossé à l'inflation.

Une grande loi sur le logement d'ici 2013

Cette mesure existe déjà dans certains pays européens comme l’Allemagne, la Suède ou les Pays-Bas. En France, elle sera appliquée à Paris et en Ile de France, mais aussi dans toutes les villes de plus de 250 000 habitants (Nantes, Strasbourg, Lyon) et autour de la Méditerranée. Dans un deuxième temps, le gouvernement prévoit une grande loi sur le logement d'ici 2013. Mais avant cela, commune par commune, des observateurs vont étudier le marché locatif. Les prix constatés serviront pour fixer un loyer maximum. L'encadrement des loyers par décret peut-il avoir un impact sur la crise du logement en France?

« On va arrêter cette envolée des loyers »

Serge Incertini-Formantini est le président de la Confédération nationale du logement : « Cette mesure contribue à faire en sorte que le logement ne soit plus un logement cher. On va arrêter cette évolution, cette envolée des loyers à la relocation. Aujourd’hui, on arrive à des niveaux de loyers intolérables. Vous passez par exemple d’un deux-pièces à 1 000 euros à une relocation à 1 200 ou 1 300 euros, sans que des travaux soient réalisés ! »

« Ce n’est pas ce que les locataires attendent »

Michel Fréchet est le président de la Confédération générale du logement, qui représente aussi les locataires. Pour lui, ce décret « ne peut certainement pas régler la crise du logement. Ce décret prend acte du niveau des loyers actuels, et il encadre les hausses futures. Mais ce n’est pas ce que les locataires attendent. Les locataires attendent que les loyers baissent fortement. Parce que le niveau des loyers en France est devenu insupportable. Donc un décret qui encadre certains loyers dans les hausses futures, c’est insuffisant. »