BFMTV

Draveil : sans logement, il s'enchaîne devant la mairie

Dans une pétition soutenant Nicolas Lemaistre, une vingtaine de personnes demandent à la mairie de Draveil de « construire vraiment 30% de logements sociaux »...

Dans une pétition soutenant Nicolas Lemaistre, une vingtaine de personnes demandent à la mairie de Draveil de « construire vraiment 30% de logements sociaux »... - -

Nicolas Lemaistre, 21 ans, est enchaîné devant une annexe de la mairie de Draveil dans l'Essonne. Une action pour obtenir un logement social... Car depuis six mois, il vit dans la rue. Soutenu par des amis et des militants de gauche, il témoigne ce mercredi sur RMC.

Un jeune homme de 21 ans, sans abri, est enchaîné devant une annexe de la mairie de Draveil, dans l’Essonne. Depuis lundi, il reste assis au pied d'un poteau de stationnement. Il a entamé une grève de la faim.
Une action pour demander un logement social... Car depuis six mois, il vit dans la rue. Pendant quelques heures, la nuit, il dort dans une tente verte, plantée au même endroit.

« J’ai un travail, mais je ne peux même pas l’assumer »

Nicolas Lemaistre cumule depuis cinq ans contrats en CDD et en intérim au marché de Rungis, ans le Val-de-Marne : « Ça fait 6 mois que je n’ai plus de logement et que j’habite dans la rue, dans des halls. J’ai un travail, mais je ne peux même pas l’assumer : je suis préparateur de commandes dans les fruits et légumes à Rungis, je commence à 3h du matin et je me couche à minuit ; c’est impossible à assumer. Je gagne 1300 euros nets par mois. Je demande juste un toit, pour pouvoir dormir sainement, prendre une douche, pouvoir aller aux toilettes normalement… Je veux une vie normale ! J’ai dormi là cette nuit et je le ferai pendant des semaines, le temps qu’il faut jusqu’à ce qu’ils me donnent un toit ».

« Que notre mairie construise vraiment 30% de logements sociaux »

Nicolas est soutenu par une vingtaine de personnes qui font circuler une pétition depuis ce mardi. Parmi elles, Thierry, 21 ans, auto-entrepreneur et ami d'enfance du jeune homme : « On veut que notre mairie nous construise vraiment 30% de logements sociaux. On a des amis qui cherchent un logement depuis 2 ans et demi, par la mairie de Draveil, et toujours pas de réponse. Une autre famille avec une tante handicapée, un autre ami avec un enfant qui cherche depuis 3 ans… ils n’ont rien ! Donc pourquoi faire une demande de logement ? Pour qu’ils nous répondent 5 ans après ? C’est inintéressant ! »

« Des jeunes qui "dénigrent" le maire, Georges Tron »

Anne-Marie Martin-Carmagnac, militante du Front de Gauche à Draveil, s'est procuré le communiqué de la mairie. Que dit le cabinet du maire, Georges Tron ? « Que Nicolas n’a jamais déposé de dossier, qu’on lui a proposé un financement et qu’il l’a refusé. Et le pire, lance-t-elle, en colère, à Nicolas : tu serais entouré de jeunes qui "dénigrent monsieur Tron", qui du coup, ne répondra pas à tes demandes. Il ne répond pas sur le fond, que sur la forme : il dit qu’il est "outré". Moi je ne suis pas outrée, je suis indignée, voire scandalisée. Et donc il faut avoir une réponse sociale à la demande sociale de logement de Nicolas ».

Contactée à plusieurs reprises, la mairie de Draveil n'a pas donné suite à nos demandes. Explication : le maire n'est pas joignable, son adjointe au logement non plus, selon le standard de la mairie.

La Rédaction, avec Sophie Delpont