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Logement à Nice: l'expulsion d'une femme de 98 ans soulève l'indignation

L'avenue Sainte-Claire à Nice où selon Nice Matin se situe le logement que les deux expulsées occupaient.

L'avenue Sainte-Claire à Nice où selon Nice Matin se situe le logement que les deux expulsées occupaient. - Google Street View

Criblées de dettes après un placement hasardeux, une femme invalide de 98 ans et sa fille handicapée ont été expulsées mardi du logement qu'elles occupaient à Nice, à quelques jours de la trêve hivernale. Le Haut comité pour le logement des personnes défavorisées s'indigne.

Le préfet aurait-il dû surseoir à leur expulsion le temps de trouver une solution plus appropriée à ce cas particulier? Le Haut comité pour le logement des personnes défavorisées (HCLPD) s'est indigné mercredi du sort réservé à une femme quasi-centenaire et à sa fille handicapée, expulsées mardi de leur logement à Nice, à quelques jours du début de la trêve hivernale.

Mardi matin, "suite à un arrêté de concours de la force publique délivré par le préfet des Alpes-Maritimes", une quinzaine de policiers ont procédé à l'expulsion d'une femme de 98 ans et de sa fille de 64 ans, handicapée, de leur logement niçois, a expliqué à l'AFP le secrétaire général du Haut Comité, René Dutrey.

20.000 euros de dette

Le Haut comité, rattaché au Premier ministre et présidé par Xavier Emmanuelli, "s'insurge du manque de discernement des autorités publiques qui ne tiennent en aucun cas compte de la situation particulière de cette dame".

L"a mère grabataire et sa fille avaient une dette de plus de 20.000 euros d'impayés, après avoir été victimes d'une escroquerie de la part d'un courtier", a expliqué leur avocate Pascale David-Bodin. "Auparavant propriétaires d'un appartement qu'elles avaient revendu, elles ont perdu leur argent dans un placement hasardeux, se retrouvant avec deux retraites de 700 et 1.100 euros par mois, pour un loyer de 1.100 euros. Elles ont perdu pied", résume l'avocate.

"Une carence des services sociaux"?

Saisi par leur propriétaire, le tribunal de grande instance a rendu un jugement d'expulsion et la préfecture a accordé le concours de la force publique le 30 juillet. "Dans une telle situation, les préfets disposent d'un pouvoir d'appréciation, permettant de suspendre une expulsion au regard de la situation sociale", note le Haut comité. Une demande de logement social a été faite, en vain, ainsi qu'une demande pour bénéficier du droit au logement opposable (Dalo), qui offre une protection contre toute expulsion sans solution de relogement.

Mais "la commission de médiation a refusé leur demande, invoquant des motifs qui ne respectent pas les critères fixés par la loi", déplore le Haut comité, qui dénonce aussi "une carence des services sociaux" et une application "répressive" de la loi par le préfet.

Les deux femmes sont actuellement hébergées par un tiers, "pour deux nuits". Dans un communiqué, Christian Estrosi, député-maire UMP de Nice, a proposé une place en maison de retraite pour la mère et dans un foyer pour la fille. "C'est impossible. Les médecins ont mis en avant un risque de décès pour la mère en cas de séparation d'avec sa fille", souligne leur avocate.

La trêve hivernale des expulsions débute vendredi soir.

D. N. avec AFP