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Lille: 300 manifestants réclament la fermeture d'un bar privé d'extrême droite

Des personnes manifestent contre l'ouverture de "La Citadelle", le 24 septembre 2016

Des personnes manifestent contre l'ouverture de "La Citadelle", le 24 septembre 2016 - PHILIPPE HUGUEN / AFP

L'ouverture de ce lieu en septembre 2016 avait déjà provoqué une manifestation réunissant environ 500 personnes.

Quelque 300 personnes ont manifesté à Lille dimanche après-midi pour réclamer la fermeture du bar privé du groupuscule d'extrême droite Génération Identitaire, "La Citadelle", visé par une enquête préliminaire après la diffusion d'un documentaire choc.

"Tout le monde déteste les fachos", pouvait-on lire sur une banderole du cortège composé notamment de membres de l'Action antifasciste.

"La Citadelle en feu, les fachos au milieu"

Dans "Generation hate", documentaire en anglais en deux parties diffusé sur la chaîne de télévision qatarie Al Jazeera, des membres de Génération Identitaire sont filmés en caméra cachée, notamment dans les locaux du bar.

On peut notamment y voir plusieurs personnes tenir des propos racistes et se vanter de ratonnades. On les voit aussi trinquer au "Troisième Reich".

"Tout le monde déteste La Citadelle", "Citadelle casse toi, Lille est Antifa" ou encore "La Citadelle en feu, les fachos au milieu", ont scandé les manifestants. 

"Je considère que ce n'est absolument pas normal qu'un bar participe à répandre des idées fascistes qui prônent la violence", a affirmé Maëlle, 25 ans.  "C'est inquiétant de vivre dans une société où il existe ce genre de groupuscule fasciste" et "c'est extrêmement inquiétant que les pouvoirs publics ne réagissent pas", a pour sa part estimé Jessy, 38 ans. 

Une enquête préliminaire ouverte

Le parquet de Lille a décidé d'ouvrir le 12 décembre une enquête préliminaire "au regard des violences et des propos tels qu'ils apparaissent" dans le reportage. 

En septembre 2016, l'ouverture de ce lieu, situé à une centaine de mètres de la célèbre Grand-Place, accessible uniquement aux adhérents et qui n'a pas pignon sur rue, avait déjà provoqué des remous et une manifestation réunissant environ 500 personnes contre son implantation.

La France insoumise a réclamé dans un communiqué samedi "la fermeture définitive de ce foyer d'incitation à la haine raciale" et la "dissolution des groupuscules d'extrême droite violents", qui "menacent les valeurs fondamentales du pays".

C. P. avec AFP