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Les produits alimentaires devront prouver leurs bienfaits

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A partir du 14 décembre, les industriels de l’agro-alimentaire qui voudraient vendre des produits bénéfiques pour la santé devront le faire preuve à l’appui. « Il n’est pas interdit de s’adresser à l’inconscient », prévient pourtant un ancien publicitaire.

Fini les yaourts qui boostent les défenses immunitaires, le soja qui aide à lutter contre le cholestérol ou encore la caféine qui aide à la perte de poids. Dès la mi-décembre, le monde de l’agro-alimentaire va devoir revoir sa copie sur les produits qu’il vend comme bénéfique pour la santé. Cela fait suite à un règlement européen de 2006 qui sera appliqué à partir du mois prochain. Dans cette perspective, les industriels ont été appelés à déposer des dossiers scientifiques pour prouver ce qu’ils avançaient dans leur publicités. Résultat : 90% de ces dossiers ont été rejeté par l’Autorité Européenne de sécurité alimentaire. Désormais, la plupart des marques qui utilisaient ces slogans marketing devront se contenter de noter ce qui est scientifiquement prouvé comme par exemple une teneur riche

« Le soja ne pourra plus dire qu’il fait baisser le cholestérol »

Olivier Andrault, spécialiste des questions alimentaires à l’UF-Que Choisir, a décrypté pour RMC les grands changements qui vont avoir lieu avec cette nouvelle mesure. « Par exemple, explique-t-il, la caféine, le thé, le cacao ne pourront plus dire qu’ils participent à la perte de poids. Le soja, lui, ne pourra plus dire qu’il fait baisser le cholestérol. En revanche vous allez avoir des centaines de slogans nutritionnels autorisés pour des vitamines ou des minéraux que l’on peut ajouter dans tous les produits alimentaires et qui sont censés avoir un impact sur le système nerveux, les globules rouges, le système immunitaire et j’en passe ».

« Les publicitaires trouveront d’autres solutions »

Pourtant malgré les directives européennes, il n’est certain que les consommateurs ne soient pas abusés par les publicitaires. « Ils trouveront toujours des solutions pour passer outre ce type de lois, assure Jérôme d'Arcy, ancien publicitaire. Auteur du livre « Bouffe à baffes, pub à claques ! : Comment et pourquoi le marketing et la publicité alimentaires détruisent votre capital-santé » chez Jouvence. Il n’est pas interdit de s’adresser à l’inconscient. Ce sont des méthodes subliminales, c’est-à-dire qui vont parler plutôt à l’inconscient qu’au conscient. C’est connu depuis toujours. Aux Etats-Unis ils ont mis ça au point il y a plus de 50 ans. Dans les salles de cinéma, on appelait ça la 25è image. Il y avait donc une image Coca-Cola par exemple que personne ne voyait mais qui était là. Et à l’entracte on constatait une recrudescence de consommation de ces produits ».

T.de Dieuleveult avec J.Zeghoudi