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Les humanitaires soulignent le lien entre solitude et pauvreté

La solitude et l'exclusion tuent autant que la pauvreté : c'est l'un des messages délivrés par les organisations caritatives à l'orée d'un hiver toujours cruel pour les plus démunis. Fort de ce constat, le Premier ministre, François Fillon, vient de décla

La solitude et l'exclusion tuent autant que la pauvreté : c'est l'un des messages délivrés par les organisations caritatives à l'orée d'un hiver toujours cruel pour les plus démunis. Fort de ce constat, le Premier ministre, François Fillon, vient de décla - -

PARIS (Reuters) - La solitude et l'exclusion tuent autant que la pauvreté : c'est l'un des messages délivrés par les organisations caritatives à...

PARIS (Reuters) - La solitude et l'exclusion tuent autant que la pauvreté : c'est l'un des messages délivrés par les organisations caritatives à l'orée d'un hiver toujours cruel pour les plus démunis.

Selon une enquête de la Fondation de France, on estime à quatre millions le nombre de personnes ayant eu l'an dernier moins de trois vraies conversations avec quelqu'un d'autre.

Fort de ce constat, le Premier ministre, François Fillon, vient de déclarer la solitude grande cause nationale 2011, après celle de la violence faite aux femmes en 2010.

Pour les associations caritatives, la vie moderne individualiste appelle l'isolement.

"Notre société capitaliste avec ses notions de travail, de recherche de richesse participe activement à l'isolement et à la solitude", note Eric Yapoudjian, directeur du programme soins, handicap et dépendance de l'Armée du salut.

"Le lien familial s'est défait. On vit aussi plus longtemps, beaucoup de personnes âgées voient mourir leurs propres enfants. Et puis il y a les problèmes de logement", ajoute-t-il.

L'organisation centenaire connue pour ses actions envers les grands marginaux organisait mercredi une opération place du Palais-Royal à Paris : des corps dessinés sur le sol étaient entourés d'une bande de sécurité de couleur jaune marquée des mots "L'exclusion tue".

Pour Pierre-Baptiste Cordier, chargé de presse de l'Armée du salut, il est important de remettre du lien entre les gens et les plus démunis croisés dans la rue ou le métro.

"Un regard suffit. Ce qu'il faut, c'est éviter d'exclure l'autre de notre champ d'existence", dit-il.

Illustration de cette montée de solitude : pour son traditionnel repas de Noël, l'Armée du Salut ne reçoit plus, loin de là, que des "clochards".

"Depuis quelques années, on voit arriver des mamans seules avec des enfants, des personnes âgées isolées, c'est très impressionnant", dit Eric Yapoudjian.

270 SDF DÉCÉDÉS EN 2010

Toutes les études montrent un rajeunissement des personnes en difficulté, à l'heure où un près d'un quart des 18-24 ans sont au chômage.

Les enfants, dont 600.000 seraient victimes du mal-logement, sont aussi touchés.

"Chez nous, des centaines d'entre eux sont aidés par des bénévoles pour faire leurs devoirs, pas seulement parce que les parents sont démissionnaires, mais aussi pour des questions de logement surpeuplé", témoigne Samuel Coppens, responsable du programme jeunesse de l'Armée du salut.

On estime à 100.000 le nombre de personnes sans domicile fixe en France. Selon le collectif Morts dans la rue, 270 d'entre eux sont décédés prématurément depuis le début de cette année.

"Qui osera prendre ses responsabilités en assumant et en développant une politique solidaire qui tienne compte de l'individu mais aussi des efforts budgétaires que cela nécessite pour que plus personne ne soit contraint de vivre à la rue et d'y mourir ?", se demande le collectif dans un communiqué.

Alors qu'une première vague de froid touche le pays cette semaine, le secrétaire d'Etat au logement Benoist Apparu a déclaré lundi que toutes les demandes d'hébergement d'urgence devraient être pourvues cet hiver.

"Globalement l'année dernière, on a réussi à tenir cet objectif", a dit le secrétaire d'Etat, selon qui le pays compte 113.000 places d'hébergement, soit 20.000 de plus qu'en 2007.

Pour l'association France Terre d'Asile toutefois, le compte n'y est pas. Au 31 octobre dernier à Paris, 5.039 personnes étaient selon elle en attente d'une place d'hébergement en centre d'accueil pour demandeurs d'asile.

Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse