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Les frugalistes, ces Français qui arrêtent de travailler à 40 ans

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Ils ont fait le choix de quitter leur travail pour vivre de leurs économies. Une décision qui implique un changement de mode de vie.

Prendre sa retraite à 40 ans, c'est possible. Les adeptes du frugalisme, ce mouvement né aux Etats-Unis, ont sauté le pas: ils ont quitté leur travail, souvent un poste de cadre bien payé, pour vivre de leurs économies et placements, quitte à vivre de peu. Un mode de vie plus sain, plus proche de la nature et éloigné de la frénésie de consommation.

Il y a trois ans, Axel, commercial à Paris, a fait un burnout. Il décide alors de tout plaquer pour devenir brasseur artisanal. Aujourd'hui il gagne moins d'argent, mais trouve du sens dans son activité. "En tant que commercial je n'avais pas l'impression d'amener quelque chose de positif", se souvient-il.

Placements boursiers

D'autres ont même décidé de miser sur les placements boursiers. En Allemagne, où le mouvement se développe, le cas de Lars Hattwig est le plus connu: cet ancien météorologue de 47 ans a commencé à économiser de façon drastique en 2004. En parallèle, il entame une stratégie de placements financiers, qui lui permet de quitter son travail dix ans plus tard. Mais il reconnaît qu'arrêter totalement de travailler serait compliqué sur la durée. Aujourd'hui, il est consultant en finance et travaille quand il le souhaite: "je peux ne pas travailler pendant une semaine sans le remarquer sur mon compte".

Bertrand, le créateur du site revenusetdividendes.com, a lui aussi réussi à devenir indépendant financièrement grâce aux investissements boursiers. Il ne travaille que deux jours par semaine, relate Le Figaro. En contrepartie, il a adopté un mode de vie différent de celui qu'il avait dans le passé: il ne possède plus de voiture, et songe à créer son propre potager. Il anticipe davantage ses dépenses, et calcule plus que dans le passé. La famille achète "moins mais mieux".

Un mode de vie accessible à tous?

Le frugalisme est un mouvement marginal. Et si les sites et blogs évoquant ce mode de vie fleurissent sur Internet, il est difficile de savoir actuellement combien de personnes vivent ainsi en France. Mais ce mode de vie n'est pas accessible à tous: Lars Hattwig le reconnaît, il serait très compliqué pour un foyer aux revenus modestes d'accumuler assez d'économies pour vivre sans travailler.

"Il est important de rappeler que ce mouvement touche en premier lieu les classes moyennes, voire les classes supérieures", souligne dans Le Figaro Fanny Parise, spécialiste des modes de consommation et anthropologue à l'université de Lausanne. Selon une étude menée en 2017 par la fondation Hans-Böckler, un foyer sur 10 en Allemagne pourrait vivre de ses économies sur une durée de 13 ans, à condition que ses conditions de vie ne changent pas.

Ariane Kujawski