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Les associations de soutien aux migrants "en grève" en Ile-de-France le 9 avril

Un campement de migrants dans le nord de Paris.

Un campement de migrants dans le nord de Paris. - Christophe Archambault - AFP

Elles veulent dénoncer "l'action des pouvoirs publics" face à une situation "dramatique".

Une vingtaine d'associations et de collectifs d'aide aux migrants ont annoncé ce mercredi qu'elles comptaient suspendre leurs interventions à Paris et en proche couronne le 9 avril pour dénoncer "l'action des pouvoirs publics" face à cette situation "dramatique".

"Depuis plus de trois ans un cycle infernal fait de campements, de démantèlements, de dispersions et de harcèlements se développe dans le Nord-Est de Paris et dans son immédiate périphérie, avec à chaque fois une violence accrue", affirment dans un communiqué ces associations, parmi lesquelles Médecins du monde, Emmaüs France et le Secours catholique.

15.000 repas distribués par les associations chaque semaine

Les signataires déplorent une situation "plus tenable", mais dont "les services de l'Etat et le gouvernement semblent se satisfaire", avec entre 700 et 1.200 migrants à la rue dans la capitale.

Rappelant que "près de 15.000 repas" sont distribués par leurs soins chaque semaine et "290 consultations médicales" dispensées, ONG et collectifs citoyens martèlent que "c'est pourtant grâce à leur action que la situation ne dégénère pas".

Ces associations "n'acceptent plus de suppléer un gouvernement et un Etat défaillants dont l'action confine à une mise en danger délibérée des personnes", ajoute le communiqué, qui appelle à "une mise à l'abri d'urgence, immédiate et inconditionnelle" des migrants et "un accès rapide aux procédures de demande d'asile" pour ceux qui le souhaitent.

Un appel à l'Etat et à la Mairie de Paris

La maire de Paris Anne Hidalgo avait appelé la semaine dernière à un "plan d'urgence" pour résorber les campements de migrants, accusant l'État de laisser "prospérer l'indignité et le chaos aux portes de la capitale". Elle avait annoncé qu'elle se rendrait chaque semaine dans ces campements "pour appeler l'État à agir". Tout en saluant ce positionnement, les associations appellent la maire à "entrer dans l'action" elle aussi pour "trouver des solutions" et "pousser l'Etat à agir". En attendant les signataires "cesseront leurs activités, en dehors des distributions alimentaires" le 9 avril, ajoute le communiqué.

Le préfet d'Ile-de-France, Michel Cadot, avait vivement riposté aux accusations de la maire en soulignant le "travail colossal" mené par l'Etat et les "plus de 22.000 places" destinées dans la région au demandeurs d'asile et aux réfugiés.

Cyrielle Cabot avec AFP