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Légion d’honneur: un résistant distingué grâce à l’obstination d’un lycéen

Une médaille de Chevalier de la Légion d'honneur.

Une médaille de Chevalier de la Légion d'honneur. - Jacques Demarthon - AFP

Entré en résistance en juin 1943, Nicolas Vermandel, âgé 89 ans doit recevoir ce vendredi sa médaille de Chevalier de la Légion d’Honneur. Nicolas Lenoir, un lycéen passionné d’histoire, a écrit pendant deux ans à l’Elysée pour qu’il l’obtienne.

"C'est tout simplement formidable!", se réjouit Nicolas Lenoir. Grâce à l’obstination de cet adolescent passionné d’histoire, un résistant de 89 ans, Nicolas Vermandel, va finalement recevoir ce vendredi sa médaille de Chevalier de la Légion d’honneur.

Pendant près de deux ans, le lycéen de 16 ans a écrit à l’Elysée pour demander au président de la République que cette distinction soit accordée à l’ancien soldat qu’il admire. "Je lui ai dit que c'est un ancien résistant, qu'il n'en reste malheureusement plus beaucoup. Donc je lui ai demandé s'il pouvait lui remettre la Légion d'honneur", détaille-t-il au micro d'Europe 1.

Le combat de l’adolescent commence en 2013. Alors élève en 3e, Nicolas Lenoir est fortement marqué par sa rencontre avec le résistant, venu en voisin témoigner dans son collège d'Aramon (Gard).

"Lorsqu'il évoquait son passé, il avait la gorge serrée. Il pleurait même. Il nous rapportait quelle colère, quelle tristesse aussi, il avait ressenti lorsque le gouvernement de Vichy, porté par Pétain, avait demandé à la France de se soumettre à l'armée allemande", se souvient-il dans les colonnes de La Provence. Le jeune garçon est alors très étonné d’apprendre que Nicolas Vermandel n’a pas la Légion d’honneur.

"C'est grâce à eux qu'on a pu redevenir Français"

Car le courage de Nicolas Vermandel a de quoi impressionner. Il a 17 ans et demi, lorsqu’il entre en résistance pendant la Seconde guerre mondiale. En juin 1943, il fuit vers la Tripolitaine (l’actuelle Libye) et s’engage auprès de l’armée des Français libres.

"Il a rencontré le général de Gaulle", s’enthousiasme son jeune admirateur, qui envisage maintenant de devenir professeur d'histoire. "J'admire ce courage, toutes ces personnes qui ont combattu pour notre pays. J'imagine la peur qu'elles pouvaient avoir, moi qui ai presque l'âge qu'ils avaient lorsqu'ils partaient au combat. Je me demande ce que serait devenue la France, s'ils ne l'avaient pas fait. C'est grâce à eux qu'on a pu redevenir Français".

Aujourd’hui malade et affaibli, l’ancien parachutiste a été promu Chevalier de la Légion d’honneur par décret le 12 avril dernier. Selon son épouse citée par La Provence, il aurait appris la nouvelle depuis sa maison de retraite et en aurait pleuré.

V.R.