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Le tout premier mariage homosexuel célébré mercredi à Montpellier

Vincent et Bruno seront les premiers à se dire "oui", mercredi à Montpellier.

Vincent et Bruno seront les premiers à se dire "oui", mercredi à Montpellier. - -

Alors que la France est devenue le 14e pays à autoriser le mariage aux couples de même sexe, la maire de Montpellier a été en pointe pendant des années sur ce débat.

Un premier mariage homosexuel très politique. Quelques jours après la promulgation de la loi qui a déchaîné les passions et divisé la société, mercredi à Montpellier, deux hommes, Vincent et Bruno, vont devenir les premiers mariés homosexuels de France.

Un mariage très médiatique

La ministre du droit des femmes Najat Vallaud-Belkacem et la ministre déléguée à la Famille Dominique Bertinotti y assisteront. Au total, avec les 200 proches du couple, 300 invités (politiques, associations) et 130 journalistes accrédités, ce sont plus de 600 personnes qui seront témoins de l'événement.

"Notre mariage est très médiatique. Ça peut être intimidant", souligne Bruno Boileau. "Mais on essaie d'avoir toujours à l'esprit qu'on n'oublie pas la finalité: ce qu'on veut, c'est l'égalité pour tous. Que Monsieur ou Madame tout le monde puisse aller se marier dans la mairie de sa ville".

L'idée de célébrer cette première union à Montpellier revient à Najat Vallaud-Belkacem. En septembre dernier, quelques jours après la présentation du projet de loi, la porte-parole du gouvernement en charge d'une mission sur les discriminations dont sont victimes les homosexuels, avait proposé à Vincent Autin d'être le premier marié gay. Un coup de téléphone de celui-ci à son compagnon avait suffi pour que le projet soit lancé.

Pourquoi Montpellier? Parce que le maire (PS) Hélène Mandroux a été en pointe pendant des années sur ce débat. Le 14 novembre 2009, elle avait lancé "l'Appel de Montpellier". Et le 5 février 2011, elle avait uni symboliquement Tito Livio Santos Mota et Florent Robin. C'était la deuxième union symbolique en France après celle célébrée par Noël Mamère à Bègles, le 5 juin 2004.

Une cérémonie simple

Dimanche encore, dans une ultime démonstration de force, entre 150.000 et plus d'un million de personnes selon la police ou les organisateurs, ont manifesté à Paris pour dire non à la loi Taubira, votée au terme de 136 heures de débat houleux au Parlement.

À Montpellier, Vincent Autin, 40 ans, et Bruno Boileau, 30 ans, attendaient ce texte depuis longtemps. Le 18 mai, Bruno avait salué sa promulgation en pensant "à tous ces militants qui se sont battus depuis des années".

Aujourd'hui, alors que la France est devenue le 14e pays à autoriser le mariage aux couples de même sexe, la maire de Montpellier veut "une cérémonie simple".

"Je ne veux pas de barnum. Je ne suis pas people. Je suis dans les valeurs. J'ai dit à tout le monde: ce moment doit être un moment respectueux de l'évènement", affirme Mme Mandroux . Dans son discours, elle prônera la tolérance, alors que les opposants sont "les exemples même de l'intolérance", dit-elle.

"Je vous déclare unis"

Pour l'union proprement dite, les formules retenues sont des plus épurées: "Vincent Autin, voulez vous prendre pour époux Bruno Boileau?" Et "Bruno Boileau, voulez-vous prendre pour époux Vincent Autin?", demandera Mme Mandroux avant de conclure après les oui des deux hommes: "Je vous déclare unis par les liens du mariage".

Vincent Autin, président du Lesbian and Gay Pride Montpellier Languedoc-Roussillon, et Bruno Boileau, fonctionnaire d'État, souhaitaient que cette union soit une grande fête avec retransmission sur le parvis de l'Hôtel de Ville et vin d'honneur citoyen.

Après la cérémonie, ils voulaient sortir pour remercier celles et ceux qui se sont battus à leurs côtés. Mais, la crainte de manifestation hostile a conduit la préfecture à mettre son veto sur toutes festivités extérieures.

La fête privée a aussi été plus compliquée que prévue à organiser. "En semaine, c'est plus difficile de rassembler tous les gens que nous souhaitions avoir autour de nous", regrette Vincent Autin. Dans un lieu tenu secret, ils seront quand même une "petite centaine" sur 140 initialement invités à fêter ces mariés de l'an I.

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C.P. avec AFP