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Le terme "restaurant" bientôt réservé à ceux qui cuisinent sur place?

Le terme de reataurant pourrait être réservé à ceux qui proposent du "fait maison".

Le terme de reataurant pourrait être réservé à ceux qui proposent du "fait maison". - -

Un amendement, présenté à l'Assemblée nationale, prévoit de privilégier les restaurateurs qui proposent du "fait-maison". Les professionnels sont partagés.

"Chacun doit savoir ce qu'il mange." C'est pour la députée PS Pascale Got l'objectif principal de l'amendement qu'elle présente en juin dans le cadre de la loi Hamon sur la consommation.

L'idée? "Réserver le terme de "restaurant" aux seuls établissements qui proposent des plats cuisinés sur place, à base de produits bruts, non transformés, non accommodés", explique à BFMTV.com la parlementaire de Gironde.

La mesure devrait être assortie de contrôles des services de l'Etat et de sanctions pour ceux qui utiliseraient le terme "restaurant" en ne respectant pas ces règles.

Comme les boulangeries

"Il n'existait jusqu'alors aucun encadrement", justifie Pascale Got qui cite comme exemple le domaine de la boulangerie, récemment réglementé pour valoriser les artisans par rapport aux vendeurs de pain fabriqué à partir de pâte industrielle surgelée.

La députée PS explique également que la mesure a pour objectif de "freiner l'ouverture d'établissements qui ne font que réchauffer des plats industriels et qui se baptisent 'restaurants'", de "valoriser la profession en reconnaissant son savoir-faire et ses qualifications" et d'assurer "la traçabilité et la transparence pour le consommateur".

Sur le fond, tout est clair. La mesure est soutenue par une trentaine de députés, dont le député UMP Daniel Fasquelle. "Elle fait consensus", affirme Pascale Got. Pour la forme, le cahier des charges précis, les mécanismes de contrôle et l'échelle des sanctions devront être décidées ultérieurement, par voie de décret.

"Tirer la profession vers le haut"

La proposition n'est pas du goût de tout le monde. "Il peut y avoir de très bon plats préparés", plaide un restaurateur sur RTL. Pour lui, pas question de ne plus utiliser le terme "restaurant" même s'il sert des plats cuisinés et surgelés. Se passer de conserves reviendrait trop cher, explique-t-il, assurant qu'il n'a jamais enregistré de plainte de la part de ses clients.

De son côté, le Synhorcat (syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs) se félicite de l'initiative dont il revendique la co-paternité. "La protection de l’appellation restaurant tirera notre profession vers le haut", confie à BFMTV.com Didier Chenet, son président. "Il fallait sortir des labels privés qui existent déjà et se multiplient. Là, ce sont les pouvoirs publics qui prennent la main. C'est tant mieux", poursuit-il en citant une étude menée par l'organisation auprès de professionnels de la restauration: 31% des restaurateurs indiquent utiliser des produits industriels, dans 25% de leurs plats mais 67% seraient prêts à s'en passer si l'appellation était protégée.

L'amendement sera discuté en commission des affaires économiques et sociales les 11 et 12 juin et, le cas échéant, présenté dans l'hémicycle le 24 juin.

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Violaine Domon