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Le stress n’a pas les mêmes effets sur les hommes et sur les femmes

Le stress pourrait être plus nocif pour les femmes que pour les hommes.

Le stress pourrait être plus nocif pour les femmes que pour les hommes. - Bhernandez - Flickr - CC

Les femmes seraient-elles plus sensibles au stress? En tout cas, selon une étude américaine, les réactions cardiovasculaires aux situations stressantes ne sont pas les mêmes selon qu'on est un homme ou une femme.

On le savait, le stress est mauvais pour le coeur. Mais les effets du stress ne sont pas les mêmes chez les hommes et chez les femmes, conclut une étude publiée cette semaine dans le Journal de l'American College of Cardiology.

Afin d’étudier les réactions psychologiques et cardiovasculaires au stress mental, l’équipe de recherche, dirigée par le Dr Zainab Samad, a observé 56 femmes et 254 hommes soignés pour une pathologie cardiaque. Ces 310 patients ont été chargés d'effectuer trois tâches générant du stress: un test de calcul mental, un test de dessin en miroir et une conversation téléphonique avec une personne en colère. Les patients, âgés en moyenne de 63 ans, ont également participé à un test d'effort lors duquel ils devaient courir sur un tapis roulant.

La plupart des caractéristiques de base étaient similaires entre les deux sexes bien que les femmes étaient plus souvent non-blanches, vivant seules et célibataires, avec un niveau d’anxiété un peu plus élevé et plus d'antécédents de dépression, précise l'étude. Au repos, elles avaient également un taux supérieur de sérotonine et d’adrénaline. 

Plus d'émotions négatives chez les femmes

Pendant ces exercices, le rythme cardiaque et la tension artérielle ont été mesurées et des prélèvements sanguins été effectués. L’équipe a ainsi pu constater les effets du stress sur le cœur varient considérablement entre les hommes et les femmes.

Chez les femmes le stress génère des émotions négatives plus fortes et une baisse plus importante des émotions négatives. 57% d'entre elles sont susceptibles de souffrir d'ischémie myocardique, une réduction du flux sanguin vers le cœur, après les tests de stress mental, contre 41% chez les hommes, rapporte le site spécialisé américain Medscape. Aucune différence n'a été notée sur ce point après le test physique.

Elles ont également une incidence plus élevée de début de formation de caillots sanguins – ou agrégation plaquettaire. Chez les hommes, le stress provoque plus de modifications de la tension artérielle et du rythme cardiaque.

Pour les responsables de l’étude, les différences physiologiques entre les hommes et les femmes en réponse au stress devraient être prises en compte lors de l'évaluation du risque cardiovasculaire et du traitement des patients. Ils estiment toutefois dans un communiqué que d'autres études seront nécessaires pour voir les effets du stress sur le long terme.

Aurélie Delmas