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Le sentiment d'insécurité progresse en Ile-de-France

Un officier de police en patrouille (photo d'illustration)

Un officier de police en patrouille (photo d'illustration) - Zakaria Abdelkafi / AFP

Selon une étude 53,4% des Franciliens se sentent en insécurité en 2019, contre 50,6% en 2017.

Le sentiment d'insécurité progresse en Ile-de-France, selon une étude publiée ce jeudi par l'Institut Paris Région, révélée par Le Figaro et que BFM Paris a pu consulter. Depuis 2001, l'institut Paris Région publie tous les deux ans une enquête "Victimisation", réalisée auprès de plus de 10.000 Franciliens. Ils sont interrogés sur leurs préoccupations, leurs conditions de vie, et plus particulièrement sur ce qui touche à leur sécurité. 

Premier constat de cette étude: les préoccupations des Franciliens ont changé. De 2005 à 2017, les Franciliens avaient systématiquement répondu qu'ils voulaient voir le gouvernement travailler en priorité sur la lutte contre le chômage, devant la pauvreté ou la délinquance. En 2019, l'ordre a changé. Les Franciliens ont donné la priorité à la lutte contre la pauvreté, avant la lutte contre le chômage. 

"En 2019, si les hommes plus que les femmes citent davantage la lutte contre le chômage dans les priorités (34,8 % contre 27,7 %), tous deux s’accordent pour désigner la pauvreté comme étant le principal problème de société", expliquent les auteurs de l'étude.

Ce résultat peut néanmoins s'expliquer par le fait que l'enquête s'est déroulée début 2019, en plein coeur du mouvement des gilets jaunes, dans un contexte social agité, selon les auteurs de l'étude.

Le sentiment d'insécurité progresse dans les transports

Autre résultat notable de l'étude: le sentiment d'insécurité est en hausse dans la région. 53,4% des Franciliens se sentent ainsi en insécurité en 2019, contre 50,6% en 2017. La peur du terrorisme est toujours présente mais en baisse, avec 53% des Franciliens qui considèrent qu'il s'agit d'un problème de société préoccupant contre 63% en 2017.

C'est en revanche dans les transports en commun que le sentiment d'insécurité progresse le plus. Près de 41% des personnes interrogées disent ainsi avoir peur dans les métros, RER ou Transilien. 

40,9 % des personnes interrogées disent craindre d’être agressées ou volées dans les transports collectifs, soit une progression de 2,8 points par rapport à 2017.

"La hausse concerne aussi bien le bus (+2,8 points), le tramway (+2,3 points), que le train (+1,9 point), le métro (+2 points) et le RER (+1,4 point), dans une moindre mesure."

L'étude montre que les transports sont en effet propices aux agressions et aux vols. 22 % des Franciliens affirment ainsi y avoir été victime de violences ou d'un vol, contre 17,4 % auparavant. Et c'est en effet dans les transports que les vols sont les plus nombreux, avec 39,5% qui y ont été commis. "Les téléphones mobiles et les ordinateurs font partie des biens les plus dérobés", précise l'étude.

Un sentiment de sécurité accrue dans son quartier

En revanche, la peur d'être seule dans son quartier seul, le soir, diminue, le taux de personnes y étant sujettes ayant chuté de 10 points depuis 2001.

Par ailleurs, les violences urbaines ne semblent pas être associées à ce sentiment d'insécurité. La plupart des personnes interrogées s’accordent à dire qu’ils vivent dans un quartier agréable à vivre (91,0 %) et sûr ou plutôt sûr (89,9 %).

Les Parisiens gênés par les nuisances du quotidien

À Paris, 70,6% des habitants font état de nuisances, soit une hausse de 7,6 points par rapport à la dernière étude, révèle le document. Dans le détail, les plaintes relatives au bruit dans le voisinage ont augmenté de 4,5 points, celles liées à la drogue de 3,7% et celles liées au vandalisme de 4,1%. Les Parisiens pointent aussi du doigt une "mauvaise gestion urbaine des espaces publics". Ces problèmes se retrouvent dans les autres départements franciliens, notamment en Seine-Saint-Denis et dans les Hauts-de-Seine. 

Les Parisiens ont par ailleurs plus tendance à estimer que la présence policière dans leur quartier est inexistante. Un constat qui rend la question de la création d'une police municipale dans la capitale encore plus importante pour les candidats aux prochaines élections. 

Cyrielle Cabot