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Paris: la police municipale ne sera pas créée avec les élections, la mairie exprime sa colère

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- - RAYMOND ROIG / AFP

Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris affirme que LaREM voulait empêcher le projet d'aboutir avant les élections municipales, alors que la question de la création d'une police municipale et de son rôle est au centre des débats.

L'amendement qui aurait permis la création effective d'une police municipale à Paris a été rejeté jeudi soir à l'Assemblée nationale. Il avait déjà été retoqué, début octobre, au Sénat. Avant qu'une police nationale soit mise en place, un nouveau texte devra donc être examiné, ce qui ne pourra sans doute pas intervenir avant les élections municipales de 2020. Pour la mairie de Paris, ce refus est la conséquence d'une manoeuvre politicienne orchestrée par LaREM. 

Au cours de l'examen de cet amendement, dans le cadre du projet de loi Engagement et proximité, la députée socialiste George Pau-Langevin a souhaité "que des pouvoirs plus importants soient conférés aux agents de la Ville de Paris chargés d'un service de police" plaidant que "dès lors que des agents exercent une compétence de police municipale, (...) ils doivent disposer de droits compatibles" et avoir la "qualité d'agents de police judiciaire adjoints". 

"C'est une occasion manquée qui fait perdre du temps et de l'énergie", a regretté le Premier adjoint Emmanuel Grégoire. Selon lui, ce refus est le signe que LaREM voulait empêcher le projet d'aboutir avant les élections municipales, alors que la question de la création d'une police municipale et de son rôle est au centre des débats. 

Une "manoeuvre" de LaREM, selon Emmanuel Grégoire

Jeudi soir, l'ensemble des parlementaires parisiens, de Cédric Villani à Pierre-Yves Bournazel étaient présents et ont approuvé l'amendement, à l'exception de Benjamin Griveaux. Le candidat LaREM qui souhaiterait équiper la police municipale d'une arme létale, n'était pas présent dans l'hémicycle.

"Nous sommes déçus qu'au dernier moment, les arguments politiciens se soient invités dans le débat", a expliqué Emmanuel Grégoire sur notre antenne. "Hier soir, lors du vote, quasi la totalité des députés parisiens, qu'ils soient proches de nous ou non, ont soutenu notre amendement. Un seul était absent, Benjamin Griveaux. Cela est la preuve de sa 'forfaiture'."

Un texte "mal rédigé"

Au sein de LaREM, on se défend, déplorant un amendement "mal rédigé" et "bâclé" qui n'évoquait pas certaines questions comme le périmètre d'intervention de la future police municipale ou encore la question de l'armement. 

De son côté, le rapporteur Bruno Questel (LaREM), qui a émis un avis défavorable à l'amendement, a estimé que "le sujet est suffisamment lourd de conséquences" pour ne pas être adopté "au détour d'un amendement sur un texte qui porte sur l'engagement et la proximité de l'ensemble des communes de France et de Navarre". L'élu macroniste a également regretté une "forme d'instrumentalisation des débats à des fins électorales dans le cadre des municipales".

Le ministre chargé des Collectivités territoriales Sébastien Lecornu a plaidé que l'amendement ne permettait pas de créer une telle police "dans de bonnes conditions" sur le plan juridique, des ressources humaines ou encore du financement.

Barthémély Bolo avec Cyrielle Cabot et AFP