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Le racisme anti-musulman a explosé en 2011

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Les actes et menaces racistes ont reculé en France l’an dernier (-7% par rapport à 2010), mais le racisme anti-musulman a explosé (+33,6%) selon le rapport annuel de la Commission nationale consultative des droits de l'Homme.

En 2011, si les actes et menaces racistes ont reculé d’une manière générale (-7% par rapport à 2010), le racisme anti-musulman a véritablement explosé: +33,6% en un an, selon le rapport annuel de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (basé sur les chiffres de la police et de la gendarmerie). L’an dernier, il y a eu 1.254 actes et menaces à caractère raciste enregistrés en France. L’antisémitisme a lui, reculé de 16,5%. Un tiers des faits anti-musulmans se sont déroulés en Ile-de-France, en Rhône-Alpes et en Provence-Alpes-Côte d’azur.

« Un rejet grandissant de tout ce qui touche aux musulmans et à l’islam »

« Il y a un rejet grandissant de tout ce qui touche aux musulmans et à l'islam » explique Marc Leyenberger, membre de la Commission nationale consultative des droits de l'homme. « Il y a les menaces et les provocations contre les musulmans, mais il y a aussi des actes contre les personnes et les biens: vandalisme contre les mosquées ou profanations de cimetières. Tout cela existait déjà les années précédentes, mais leur nombre a considérablement augmenté en 2011 ».

Les politiques responsables ?

Pour Sabrina Goldman, déléguée exécutive de la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme), cette hausse brutale du racisme anti-musulman s’explique en partie par le climat politique de ces derniers mois: « On remarque un racisme décomplexé de la part des faiseurs d'opinions ou des représentants du gouvernement. Maintenant tous les phénomènes de la société sont expliqués au regard de l'origine ou de la religion des personnes. Je vois vraiment à quel point cela a des effets néfastes dans la vie de tous les jours. On a même plus peur d'être raciste au quotidien ».
« Ce n'est pas forcément de la faute des politiques » estime de son côté Mohammed Moussaoui, le président du Conseil Français du Culte Musulman. « Il y a un mouvement de populisme qui traverse l'Europe en général. Il y a aussi le contexte international lié à l'islam, la guerre en Afghanistan et en Irak. Cela peut laisser des traces sur les esprits et certains qui sont vulnérables peuvent peut-être passer à l'acte en se sentant obligés de réagir ».

La Rédaction