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Le "printemps arabe" et le FMI au menu du sommet annuel du G8

LE PROGRAMME DU SOMMET DU G8

LE PROGRAMME DU SOMMET DU G8 - -

Les dirigeants des pays du G8 tiennent sommet ce jeudi à Deauville pour discuter d'une aide financière aux pays du "printemps arabe" et de la succession de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI.

Réunis pendant deux jours autour de Nicolas Sarkozy, ils devraient également évoquer informellement la situation de l'économie mondiale, la guerre en Libye, le processus de paix au Proche-Orient ou encore le nucléaire iranien.

La recrudescence des violences au Yémen sera dans les esprits au moment où les Huit - Etats-Unis, Allemagne, Canada, France, Royaume-Uni, Italie, Japon et Russie - s'apprêtent à approuver des milliards de dollars d'aide à la Tunisie et à l'Egypte et à en promettre autant aux autres pays arabes qui feraient le choix de la démocratie.

Dans une lettre adressée mercredi au G8, le secrétaire d'Etat Hillary Clinton et le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner ont insisté sur l'intérêt, pour les grands pays industrialisés, que les transitions en cours en Tunisie et en Egypte "réussissent pour servir de modèles à la région".

"Autrement, nous risquons de perdre ce moment d'opportunité", ont-ils indiqué.

Le choix d'un nouveau directeur général du Fonds monétaire international s'est invité au 37e sommet annuel du G8, le sixième accueilli par la France, après le scandale sexuel qui a entraîné la démission de Dominique Strauss-Kahn.

A la veille du sommet, la ministre française de l'Economie Christine Lagarde a annoncé sa candidature à ce poste après s'être assurée du soutien des pays de l'Union européenne et, selon des diplomates, des Etats-Unis et de la Chine.

UN CHOIX "AU MÉRITE"

"Je pense que les dirigeants du G8 discuteront du sujet en marge du sommet, même si Mme Lagarde est probablement la meilleure candidate", a déclaré à Reuters l'ambassadeur de Russie en France, Iouri Orlov, en ajoutant ne pas croire que Moscou ait des objections à la candidature de la ministre.

"Mais la question est de savoir si l'Europe de l'Ouest doit toujours diriger cette institution et pourquoi les autres pays, notamment les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud-NDLR) ne pourraient pas avoir leur propre candidat."

Le FMI a promis un processus de choix "au mérite" de son futur directeur général, un poste qui n'a jamais échappé aux Européens depuis 1945, qui devrait être nommé d'ici à fin juin.

Le président russe Dmitri Medvedev, qui a eu un entretien séparé avec Nicolas Sarkozy jeudi matin, et le ministre des Finances d'Afrique du Sud - un des dix pays africains invités à Deauville -, devraient plaider la cause des pays émergents.

La Russie risque aussi de faire entendre sa différence sur la Libye, où deux mois de frappes aériennes par une coalition menée par la France et le Royaume-Uni ne sont pas venus à bout du colonel Mouammar Kadhafi.

Moscou, qui n'a pas ménagé ses critiques contre cette intervention armée, est prêt à proposer ses services pour négocier un cessez-le-feu après avoir eu des contacts avec le régime de Tripoli et son opposition.

"Que les choses soient claires, la Russie ne veut pas que Kadhafi reste en place. Il a commis des crimes et doit en assumer la responsabilité, mais nous voulons que toutes les parties soient associées au processus de transition", a dit Iouri Orlov.

"La Russie est prête à jouer le rôle de médiateur si d'autres pays sont prêts, mais il faut pour cela qu'il y ait un cessez-le-feu."

Le G8 devrait par ailleurs adopter une déclaration sur le rôle d'internet, discuter de la nécessité de renforcer les normes de sûreté pour le nucléaire civil à la lumière de la catastrophe de la centrale japonaise de Fukushima ou encore faire le point de son partenariat avec l'Afrique.

Yann Le Guernigou et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

REUTERS