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Le poids des sans-papiers dans l’économie française

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Des centaines de sans papiers sont en grève depuis hier en Ile-de-France pour réclamer leur régularisation. Les patrons se mobilisent également, mettant en avant leur poids dans l’économie française.

250 travailleurs sans papiers sont en grève illimitée depuis hier dans cinq départements d'Ile de France. Hier, ils ont occupé le siège d'une dizaine d'entreprise, dans un mouvement qui a été lancé et coordonné par la CGT. Ces travailleurs demandent à être régularisés. En effet, ils ont tous des contrats depuis années, payent des impôts, possède une carte vitale...mais pas de titres de séjour. Certains, malgré toute satisfaction dans leur emploi, viennent d'être licenciés quand leurs patrons viennent de découvrir qu'ils n'étaient pas en règle.

Le gouvernement estime qu'il y a entre 200 000 et 300 000 sans papiers en France, les associations parlent même de 400 000. La très grande majorité travaille. Ils occupent une place importante dans l'économie française : les Français ne veulent pas faire les emplois qu'ils occupent, en tout cas pas à ce prix et comme les employeurs ne veulent pas augmenter les salaires, chacun y trouvent son compte.

Depuis le 1er juillet 2007, les chefs d'entreprise ont l'obligation de demander aux préfectures, quand ils recrutent un étranger, de vérifier l'authenticité de son titre de séjour.

Yohann Le Goff, gérant de Konex, une société de câblage informatique basée à Paris qui compte une dizaine de salariés, était ce matin en direct dans Bourdin&Co. Il fédère une trentaine de patrons qui ne veulent plus se séparer de leurs salariés sans papiers et demandent leur régularisation. « La seule chose qui les différencie de vous ou de moi, c'est qu'ils ne possèdent pas de titre de séjour. Ce sont des travailleurs qui sont formés et qui font des métiers que les français ne souhaitent pas faire. Le bâtiment, l'hôtellerie et la restauration sont très touchés » explique-t-il. Selon lui, « on va être confronté à un problème économique beaucoup plus important, car si tous les travailleurs sans papiers sont exclus, cela pourra toucher des entreprises beaucoup plus importantes ».

Ainsi, à la question d'une éventuelle régularisation massive, il répond : « les régulariser oui, mais vite. Dans le groupement de patrons que je représente, on effectue tous des démarches, mais elles sont extrêmement longues, de 6 mois à 1 an, et pendant ce temps-là, il faut bien que les personnes continuent à vivre. Il faut aussi que les entreprises puissent se retourner : une entreprise qui apprend du jour au lendemain qu'elle doit se séparer d'un salarié, cela peut avoir de grandes conséquences. Mais certaines entreprises ont 10 voire 20 salariés sans papiers, et même beaucoup plus dans les très grands groupes, et les conséquences peuvent être très graves si on les expulse ».

La rédaction-Bourdin & Co