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Le Pen persiste et signe

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En campagne pour les élections européennes dans le Sud-est, Jean-Marie Le Pen récidive : le président du FN a de nouveau qualifié de « détail » les chambres à gaz nazies.

« Je me suis borné à dire que les chambres à gaz étaient un détail de l'histoire de la Seconde guerre mondiale, ce qui est une évidence. » Jean-Marie Le Pen, candidat aux élections européennes dans le Sud-est, a réagi mercredi 25 mars devant le Parlement européen, aux propos du président du groupe socialiste, l'Allemand Martin Schulz, qui l'avait traité mardi de « négationniste ». Du coup, les groupes politiques du Parlement se sont mis d'accord pour modifier le règlement interne de l'institution, afin que Le Pen, en tant que doyen, ne préside pas la prochaine session inaugurale du 14 juillet prochain.

Indignation et colère de tous bords politiques

Cette affirmation, qui lui a déjà valu plusieurs condamnations, a suscité de nouvelles protestations au sein de la classe politique. Jean-Marie Le Pen « est un danger pour la démocratie », a déclaré Aurélie Filippetti, député socialiste candidate aux européennes dans l'Est. Et le député PS des Landes Henri Emmanuelli s'est indigné : « C'est chaque fois le même cinéma : une campagne électorale arrive, Monsieur Le Pen fait de la provocation pour que le système d'information s'intéresse à lui, et manifestement, il réussit. »

Qui provoque perd des voix ?

En septembre 1987, Jean-Marie Le Pen avait tenu pour la première fois ces propos sur les chambres à gaz. Il avait été condamné à 1,2 million de francs (183 200 euros) pour « banalisation de crimes contre l'humanité » et « consentement à l'horrible ». Et avait déjà récidivé en 1997 à Munich, puis en 2008 dans un magazine. Quand il joue la provocation, certes, le Président du FN fait parler de lui. Mais sur un sujet aussi sensible que l'holocauste, cela risque d'avoir un effet négatif dans les urnes. Ce que soulignent certains au sein même du parti d'extrême droite : « Chacun dit ce qu'il veut, mais je ne suis pas sûr que cela apporte des voix supplémentaires », note un élu frontiste, proche de Marine Le Pen. La fille du Président du FN, déjà embarassée par les dérapages de son père dans le passé, est d'ailleurs aux abonnés absents depuis la dernière déclaration de son père...

La rédaction, avec Annabel Roger