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Le mot d’excuse de la CFTC pour sécher la journée de solidarité

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Le syndicat CFTC a lancé lundi un appel à la grève pour le lundi de Pentecôte, afin de protéger les salariés qui ne souhaitent pas travailler lors de cette journée de solidarité. Selon le syndicat, de plus en plus d'entreprises font travailler leurs employés pendant les jours fériés.

Voilà un mot d'excuse en béton pour tous les salariés qui refusent de travailler lors des prochains jours fériés. La Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) a annoncé lundi qu'elle lançait un mot d'ordre de grève afin de protéger de toute sanction les salariés qui seraient « obligés » de travailler le lundi 20 mai (Pentecôte), mais aussi le mercredi 8 mai (victoire de 1945) et le jeudi 9 mai (Ascension).
« Certaines entreprises obligent leurs employés, sous prétexte de journée dite de solidarité, à venir travailler à une de ces trois dates », indique le syndicat. Depuis 2008, les entreprises peuvent choisir librement la date consacrée à cette journée de solidarité et ne sont plus contraintes de faire travailler leurs salariés le lundi de Pentecôte, comme prévu initialement. Une souplesse qui n’est pas appliquée au sein d’une majorité d’entreprise, selon la CFTC.

« De plus en plus d'entreprises ne respectent pas les jours fériés »

Pour Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC, cet appel à la grève a pour but de « faire respecter le caractère férié, parce qu'on voit qu'un certain nombre d'entreprises comme des banques, comme la grande distribution, vont ouvrir soit le 8 mai, soit le jeudi de l'ascension, soit le lundi de Pentecôte. Ça veut dire que tous les salariés qui voudraient ne pas aller travailler ce jour-là, alors que les entreprises ouvriraient sans respecter le jour férié, sont couverts par ce mot d'ordre national. Il y a de plus en plus d'entreprises qui se mettent à ne pas respecter les jours fériés. Un certain nombre se disent : si la concurrence le fait, elle va me prendre des parts de marché, alors je vais le faire aussi pour résister à la concurrence ».

« Ça ne peut pas toujours être l’entreprise qui finance »

« Pour le lundi de Pentecôte, c'est une décision qui vient d'en haut (le gouvernement Raffarin en 2004, ndlr - cf encadré), ce n'est pas une décision qui vient du chef d'entreprise, rappelle Jean-Marie Gomila, vice-président de la CGPME, la Confédération générale des petites et Moyennes Entreprises, en Haute Savoie. Elle est sans doute imposée un peu plus durement dans certaines entreprises, mais dans les PME je doute que ce soit avec beaucoup de violence que ça se passe. Il faudrait que ça fonctionne comment autrement ? Que ce soit l'entreprise qui finance la journée à la place des salariés ? Ça ne peut pas tout le temps être comme ça. On ne peut pas transformer une journée de solidarité en charge supplémentaire pour l'entreprise, ce n'est pas le sens de l'initiative là ».

Principe de la journée de solidarité|||

La journée de solidarité a été mise ne place en 2004 par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, sous la présidence de Jacques Chirac. Elle permet de financer des actions en faveur des personnes âgées et d’aider à la prise en charge de la dépendance des personnes âgées. Le fruit du travail des salariés est reversé par les entreprises à la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA). La journée de solidarité a rapporté 2,33 milliards d'euros en 2011.

Philippe Gril avec Julien Gonzalez