BFMTV

Le "doggy bag" bientôt obligatoire dans les restaurants?

Les restaurateurs pourraient se voir obligés de proposer des contenants pour emporter repas et boissons.

Les restaurateurs pourraient se voir obligés de proposer des contenants pour emporter repas et boissons. - Sean Mac Entee - Flickr

Des députés veulent imposer aux restaurateurs d'avoir des boîtes à emporter à disposition de leurs clients, afin de leur permettre d'emporter les restes de leur repas. Un amendement a été adopté par la commission développement durable de l'Assemblée nationale.

Certains restaurateurs le proposent déjà, mais la coutume n'est pas dans les moeurs françaises. Bientôt, les restaurants et bars pourraient se voir obligés d'avoir à disposition des clients des "doggy bags", des boîtes à emporter, afin qu'ils puissent emporter chez eux les restes de leur repas, ou une boisson qui n'est pas terminée. 

C'est en tout cas le sens d'un amendement LaREM adopté fin mars par la commission développement durable de l'Assemblée nationale, dans le cadre du projet de loi "pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable".

"Les restaurants et les débits de boissons à consommer sur place mettent gratuitement à la disposition de leurs clients des contenants réutilisables ou recyclables permettant d’emporter les aliments ou boissons non consommés sur place", propose ainsi le texte.

L'amendement relève en effet que "les pertes de nourriture sont cinq fois plus élevées en restauration commerciale qu’à domicile", soit un peu plus d'un quart du repas (157 grammes par personne et par repas). "Il s’agit (...) de généraliser une pratique existante", assurent les députés.

"Un frein psychologique"

"C'est vrai qu’il y a en France un frein psychologique", reconnaît dans Le Parisien la députée LaREM Bérangère Abba, une des auteures du texte. "Mais c'est aussi parce que les consommateurs n’osent pas en faire la demande de peur de se voir objecter un refus de la part du restaurateur", assure-t-elle.

"Il y a dix ans, aucun client ne demandait à ramener son repas chez lui. Aujourd'hui, environ six clients sur dix le font lorsque nous leur proposons. Les gens sont plus sensibles au gaspillage et au prix des choses", abonde dans La Dépêche Jean-Philippe Deschamps, président de la branche restauration au sein de l’Union des métiers et des industries hôtelières (Umih) de la Haute-Garonne.

L'union recommande et fournit gratuitement des "doggy bags" aux restaurateurs depuis le 1er janvier 2016.

L'amendement doit encore passer devant la commission économique, avant d'être soumis au vote de l'ensemble des députés à partir du 21 mai, avec le reste du projet de loi.

Liv Audigane