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La tarification « exorbitante » des cartes bancaires

En moyenne, 40% du prix d'une carte bancaire classique ne serait pas justifié, selon l'UFC Que Choisir.

En moyenne, 40% du prix d'une carte bancaire classique ne serait pas justifié, selon l'UFC Que Choisir. - -

Chiffres à l’appui, l'association de consommateurs UFC Que Choisir dénonce les pratiques financières des banques, et en particulier le prix des cartes bancaires et les frais payés par les clients pour leurs découverts non autorisés. Les banques se défendent. Les consommateurs témoignent.

Véritable coup de gueule de la part de l'association de consommateurs UFC Que Choisir, qui dans une enquête publiée hier mardi pointe du doigt les pratiques financières des banques : cartes bancaires surdimensionnées par rapport aux besoins des clients, coûts opaques, commissions d'intervention qui s'accumulent… tout y passe. Un chiffre retient notamment l'attention : les frais payés par les clients qui ont des découverts non autorisés rapporteraient aux banques 2,7 milliards d'euros alors qu'en réalité, selon l'UFC Que Choisir, le traitement de ces incidents ne coûterait aux banques que 459 millions d'euros.

« C’est du racket pur et simple »

Ces chiffres avancés par l'UFC Que Choisir choquent les clients qui ont déjà l'impression que les banques se font de l'argent sur leur dos.

Pour Bertrand, commercial à Paris, vu à la sortie de sa banque, ces pratiques n’ont qu’un seul nom : « C’est du racket pur et simple. Toutes les banques ont des frais vraiment énormes ; je ne trouve pas ça normal d’être ponctionné comme ça, tous les mois, de dizaines voire de centaines d’euros, en fonction de la situation du compte. Régulièrement, je suis à découvert, régulièrement je suis créditeur, mais quand je suis à découvert, on ne me loupe pas. »

40% du prix de la carte bancaire ne serait pas justifié

Autre chiffre pointé du doigt, celui du prix de la carte bancaire. Selon Maxime Chipoy, de l’UFC Que Choisir, 40% de ce prix ne serait pas justifié : « On a décortiqué la cotisation d’une de ces cartes, la carte classique que 50% des Français possèdent, et on s’est rendu compte que sur les 36 euros payés en moyenne pour cette carte, il y a 15 euros qui n’ont aucune justification économique. On peut l’expliquer de deux manières : d’abord par l’absence de concurrence sur ce secteur, et parce qu’aujourd’hui vous ne pouvez pas vous passer de carte bancaire et donc les banquiers peuvent se permettre de vous faire payer un surcoût pour celle-ci. »

« Aucun frein mis à l’appétit tarifaire des banques »

Serge Maitre est le président de l'Association française des usagers des banques (AFUB). Selon lui, ces chiffres ne sont pas étonnants car les banques exploitent toutes les niches tarifaires pour faire du profit : « Actuellement il n’y a aucun mécanisme de régulation, aucun frein mis à l’appétit tarifaire des banques. Et après avoir perdu beaucoup d’argent sur la banque de financement et d’investissement, elles se rattrapent sur la banque de détails qui est une véritable vache à lait. »

« L’enquête ne prend qu’une partie des éléments du coût »

Face à ces attaques, les banques se défendent. Selon Bertrand Dutreuil, de la Fédération bancaire française, l’UFC n’a pas pris en compte certains frais que la banque paye pour chaque carte : « L’enquête ne prend qu’une partie des éléments du coût et de l’organisation du métier des cartes. Deux exemples : la prévention en terme de sécurité pour les paiements, et surtout celle des retraits – retirer de l’argent dans un distributeur de billets [DAB], ça représente plus de 3,1 milliards d’euros – ; je m’étonne que la méthodologie employée oublie de tels montants dans le calcul. »

16% des services réellement utilisés

L’UFC Que Choisir demande, elle, que les cartes bancaires soient adaptées aux besoins de chacun. La possibilité par exemple de retirer de l’argent à l’étranger n’est pas utile à tous, et en moyenne seuls 16% des services d’une carte sont réellement utilisés.

La Rédaction, avec Lauriane Dervault