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La Sorbonne accusée de "censure brutale" par l'organisateur d'une conférence sur le terrorisme

Campus de Jussieu de la Sorbonne (photo d'illustration)

Campus de Jussieu de la Sorbonne (photo d'illustration) - MEHDI FEDOUACH / AFP

"C'est une censure brutale et injustifiée", selon le président du Centre d'analyse du terrorisme ce jeudi, à propos d'une conférence qui devait se dérouler le 7 novembre sur le campus de Jussieu de la Sorbonne. L'université dément.

Le président du Centre d'analyse du terrorisme (CAT) a qualifié ce jeudi de "censure brutale" le refus de Sorbonne Université, qui dément, d'accueillir une conférence internationale sur le terrorisme, contraignant à en changer le lieu "une semaine avant".

Cette conférence, organisée par le CAT, devait se dérouler le 7 novembre sur le campus parisien de Jussieu.

"Depuis six mois, nous préparions cette conférence sur les menaces terroristes et les enjeux après la chute du califat. Nous avons choisi pour cette conférence d'inviter des institutionnels français et étrangers spécialistes du terrorisme", a détaillé son président Jean-Charles Brisard.

"Une demande étrange"

"Nous avons échangé longuement, a-t-il poursuivi, avec les services concernés de l'université, engagé des frais jusqu'à ce que le 24 octobre, on nous demande de réduire les panneaux de signalisation de la conférence au sein du Campus. On m'a même demandé de retirer le mot "terrorisme", ce que j'ai refusé. Une demande étrange puisque la conférence portait sur le thème".

Finalement, le CAT a accepté de "réduire la voilure" concernant la taille des affichettes et a reçu par mail le "feu vert" du directeur des services généraux de l'université. Selon Jean-Charles Brisard, l'université a toutefois fait volte-face le 30 octobre, "soit 8 jours avant" la conférence, expliquant que "l'événement était trop dangereux" pour avoir lieu dans une enceinte universitaire.

"C'est hallucinant! La question du terrorisme est une question de société qui intéresse tout le monde. Nous avons réuni des institutionnels, des spécialistes, nous avons une approche scientifique du problème. C'est une censure brutale et injustifiée", a conclu Jean-Charles Brisard. 

La conférence a bien eu lieu à l'Ecole militaire

La conférence a bien eu lieu à la date prévue, mais à l'Ecole militaire à Paris.

"L'évènement n'a pas été annulé, (...) l'accusation de censure n'a donc aucun sens", "il est apparu tardivement que cet évènement (...) accueillait des personnalités dont la protection nécessitait la présence d'officiers de sécurité en arme", a souligné l'université dans un communiqué.

La recherche d'un "lieu alternatif" se justifiait afin de "garantir la sécurité et la sûreté des personnels, des étudiants et des participants à la conférence", a-t-elle ajouté.
A.J. avec AFP