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Balance ton porc: un débat perturbé à La Sorbonne, les intervenants aspergés d'urine

La Sorbonne à Paris.

La Sorbonne à Paris. - Loïc Venance - AFP

Un débat organisé par des étudiants en droit sur "la présomption d'innocence à l'épreuve de Balance ton porc" a été perturbé par des manifestants ce jeudi soir. Plusieurs intervenants, parmi lesquels des avocats, ont été aspergés d'urine, les étudiants envisagent des poursuites.

La soirée a été mouvementée à La Sorbonne ce jeudi soir. Alors que se tenait une conférence organisée par l'Association des étudiants de l'Ecole de droit de la Sorbonne, plusieurs manifestants ont perturbé le débat, avant d'asperger d'urine les intervenants. Sur Twitter, Marie-Anne Soubré, avocate et chroniqueuse des Grandes Gueules sur RMC qui participait à cette conférence a raconté l'incident.

"Le thème de la conférence était donc la présomption d'innocence à l'épreuve de Balance ton porc. L'idée était donc de discuter de ces sujets et nous étions quatre à intervenir", raconte-t-elle.

Aux côtés de Marie-Anne Soubré, un avocat pénaliste, un professeur de droit et une juriste, directrice adjointe d'un centre d'aide dédié aux femmes victimes de violences. Mais le débat ne se passe pas comme prévu.

"Avant même que nous commencions un petit groupe je dirais 6/7 personnes filles et garçons intervient du fond de la salle pour dire en gros que c'est un scandale qu'il y ait deux hommes en tribune pendant 'la semaine féministe (sic)' car tous les violeurs sont des hommes", écrit Marie-Anne Soubré.

Accusés "d'alimenter la culture du viol"

"Un groupe de personnes est entré dans l'amphithéâtre et nous a reproché d'alimenter la culture du viol puisque nous avions invité un avocat et un professeur de droit 'blancs en costumes' à la tribune pour en parler", confirme auprès de BFMParis.com Louise, étudiante en master de droit pénal et organisatrice de la conférence.

Selon l'association d'étudiants, les manifestants seraient des étudiants de Paris-1, certains d'entre eux "manifestement connus depuis les événements de Tolbiac". Pendant plusieurs minutes, ces derniers perturbent ainsi la tenue de la conférence, scandant des slogans comme "pas de quartier pour les violeurs, pas de violeurs dans nos quartiers".

"Nous avons appelé la sécurité avec qui ils ont été virulents, et après 20 minutes de négociations, leur comportement devenant de plus en plus agressif, la sécurité les a fait sortir", poursuit Louise.

Une bouteille d'urine lancée à travers une fenêtre

Les débats ont repris depuis une trentaine de minutes dans l'amphithéâtre, quand la conférence est à nouveau perturbée.

"Ce même groupe a utilisé un bâton pour ouvrir une fenêtre de l'amphithéâtre et y a lancé une bouteille pleine d'urine, qui est arrivée sur le bureau du podium sur lequel les intervenants et moi-même étions installés. L'estrade était recouverte, nos invités également", déplore Louise, "on est tous encore un peu choqués de ce qui s'est passé" ajoute-t-elle. 

"Pour ne pas leur donner raison", la conférence s'est finalement poursuivie. "Nous avons quitté l'estrade devenue impraticable et avons fini la conférence debout face à l'amphi", raconte Marie-Anne Soubré pour qui cet incident est "symptomatique du refus de certains de toute discussion ou débat".

Les étudiants en droit organisateurs du débat envisage des poursuites. "Une plainte sera déposée auprès de Paris-1 dès aujourd'hui", confirme l'association "et éventuellement auprès de la justice".

Carole Blanchard