BFMTV

La pilule anti-obésité est arrivée

-

- - -

Déjà en vente libre en Europe, Alli, le médicament anti-obésité du laboratoire GSK arrive dans nos pharmacies ce mercredi 6 mai. Un lancement, peu avant l'été, qui tombe à pic, mais fait déjà polémique...

En vente depuis 2007 aux Etats-Unis et depuis le 20 avril en Europe, "Alli" sera dans nos pharmacies françaises le 6 mai prochain. Ce nouveau médicament anti-obésité, vendu sans ordonnance, fait déjà polémique. La France a en effet décidé d'autoriser la commercialisation du produit développé par le laboratoire GlaxoSmithKline (GSK), alors que le gouvernement y était initialement opposé.
Pour en savoir plus sur ce médicament, et notamment connaître l'avis d'un nutrionniste sur ses dangers, cliquez ici.

« C'est juste du marketing ! »

Ce médicament n'est indiqué que pour les adultes en surpoids ou obèses, c'est-à-dire ayant un indice de masse corporelle supérieur à 28 (ce qui revient par exemple à peser plus de 81 kilos pour 1 mètre 70). Il doit aussi impérativement être associé à un régime strict. Mais certains médecins craignent qu'il soit utilisé par des personnes souhaitant simplement mincir. Pour ces personnes, la perte de poids serait potentiellement dangereuse.
Pour rassurer, le laboratoire indique qu'il consacre d'importants moyens pédagogiques pour former les pharmaciens et le grand public. Des formations qui ne semblent pourtant pas convaincre certains pharmaciens. L'un d'eux, qui souhaite rester anonyme, explique : « ce qu'on nous a montré, c'est du cas d'école, qui n'existe jamais dans la vraie vie, avec une approche hyper-médicalisée, technique, une présentation innovante... alors que c'est juste de l'opportunisme, du marketing quoi ! Et le problème c'est que les gens ne vont pas se mettre à bien manger sous prétexte qu'ils font un peu attention en prenant ce médicament. »

Un lancement avant l'été, bien calculé ?

S'il vendra le médicament, ce pharmacien dénonce aussi « une vaste hypocrisie » du laboratoire : « ce qui est agaçant c'est la façon dont le labo est venu en insistant sur tous les effets secondaires et contre-indications qui font qu'on est quasiment obligés de le déconseiller à 9 personnes sur 10. Alors qu'on sent bien que l'idée c'est d'occuper le terrain, de prendre des parts de marché et qu'on a aussi des obligations d'achat : il faut absolument qu'on en commande une certaine quantité si on veut commercialiser le produit. »
Au final, la plupart des pharmaciens avouent qu'ils ne refuseront pas de le vendre, voyant dans Alli une aubaine à quelques semaines de l'été, au moment où beaucoup cherchent à se débarrasser de kilos superflus. Son lancement à cette époque n'est certainement pas un hasard...

La rédaction, avec Antoine Arlot