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La Miviludes, en charge de la lutte contre les dérives sectaires, va être rattachée au ministère de l'Intérieur

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, le jour du vote solennel en première lecture à l'Assemblée nationale de la proposition de loi "anti-casseurs", le 5 février 2019. - Jacques Demarthon - AFP

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, le jour du vote solennel en première lecture à l'Assemblée nationale de la proposition de loi "anti-casseurs", le 5 février 2019. - Jacques Demarthon - AFP - -

En 2015, la Miviludes estimait qu'environ 500 groupes pouvaient être considérés comme sectaires. Ils toucheraient environ un demi-million de personnes en France.

La mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), qui dépend de Matignon, va être rattachée au ministère de l'Intérieur en 2020, a appris l'AFP mardi de sources concordantes, confirmant une information de France Inter.

2500 signalements par an

Placée sous l'autorité du Premier ministre, cette mission, instituée en 2002, partage son activité entre le traitement des signalements qui lui sont transmis (environ 2500 par an, dont 40% dans le domaine de la santé) et la formation des agents publics (magistrats, policiers et gendarmes, médecins...) aux risques sectaires.

"Les agents du Secrétariat général de la Miviludes confirment qu'ils ont été récemment informés du rattachement de la Mission au ministère de l'Intérieur en début d'année 2020", ont-ils dit dans un message à l'AFP, avant de préciser qu'ils ont été informés "d'un rapprochement avec le Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR)", qui dépend du ministère, ajoutent-ils dans ce message.

"Le gouvernement a (...) décidé de rattacher la Miviludes au ministère de l'Intérieur" et ce "pour début 2020", a indiqué place Beauvau.

Lutte contre la radicalisation

"Ce rattachement", selon le ministère, peut s'expliquer notamment par "la nécessité (...) de partages de compétences avec d'autres organismes qui n'existaient pas lors de sa création, comme le secrétariat général du CIPDR par exemple". La Miviludes et le CIPDR ont "un point commun important qui est la lutte contre les nouvelles formes de radicalité et les phénomènes d'emprise et d'enfermement", ajoute-t-on.

En 2015, la Miviludes estimait qu'environ 500 groupes pouvant être considérés comme sectaires, touchant un demi-million de personnes, étaient actifs sur le sol français. Depuis avril 2014, la Miviludes formait aussi les fonctionnaires et associatifs chargés de suivre les familles touchées par la radicalisation jihadiste. La Miviludes attendait depuis plusieurs mois la nomination d'une nouveau président, après le départ de Serge Blisko, parti à la retraite en 2018.

E.P avec AFP