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"La littérature passait avant la morale", sur Twitter, Bernard Pivot réagit à l'affaire Gabriel Matzneff

Bernard Pivot

Bernard Pivot - John MacDougall - AFP

L'ancien présentateur de l'émission Apostrophes justifie l'invitation de l'écrivain dans son programme, au détour des années 1990.

Au lendemain de l'annonce de la sortie, le 2 janvier prochain, du livre Le Consentement dans lequel Vanessa Springora, la nouvelle directrice des éditions Julliard, retrace sa relation sous emprise avec l'écrivain Gabriel Matzneff, les réactions se multiplient. 

Aujourd'hui âgée de 47 ans, l'auteure raconte sur 200 pages avoir été séduite à 14 ans par le presque quinquagénaire (elle le nomme G.) au milieu des années 1980. Elle y décrit également une emprise qui se poursuit sur le terrain littéraire: l'écrivain écrit beaucoup et couche sur le papier ses conquêtes et aventures sexuelles, y compris avec des garçonnets lors de voyages en Asie.

Dans la journée de jeudi, sur Twitter, l'INA avait à ce sujet diffusé un extrait de l'émission Apostrophes, datant de 1990. Dans ce dernier, Matzneff y est interrogé sur ses attirances pour les très jeunes femmes et seule la romancière canadienne Denise Bombardier intervient, le comparant à ces "vieux messieurs" qui attirent les enfants avec des bonbons.

"La littérature passait avant la morale"

Ce vendredi, c'est Bernard Pivot, alors présentateur de ce programme, qui s'est exprimé sur les réseaux sociaux. Depuis la publication de l'INA, celui qui est aujourd'hui âgé de 84 ans a été à de nombreuses reprises pointé du doigt pour ne pas avoir réagi aux propos de l'écrivain durant l'émission. 

"Dans les années 70 et 80, la littérature passait avant la morale, aujourd’hui, la morale passe avant la littérature. Moralement, c’est un progrès", justifie-t-il, avant d'assurer que "Nous sommes plus ou moins les produits intellectuels et moraux d’un pays et, surtout, d’une époque."

Aujourd'hui encore chroniqueur au Point sur la spiritualité et les religions, Gabriel Matzneff n'a jamais été condamné par la justice. Sollicité via son éditeur, il a, dans un message à L'Obs, fait part jeudi de sa "tristesse" au sujet d'un "ouvrage hostile, méchant, dénigrant, destiné à (lui) nuire".

Hugo Septier