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La "Jungle" de Calais: le démantèlement commence

Une allée de la jungle de Calais le 15 juillet 2016.

Une allée de la jungle de Calais le 15 juillet 2016. - FRANCOIS LO PRESTI - AFP

L'évacuation du bidonville, rebaptisé "la Jungle", abritant les migrants à Calais commence ce lundi. Les services de l'Etat prépare activement l'opération.

La "Jungle" de Calais, plus grand bidonville de France, n'en a plus que pour quelques heures. Si le début de l'évacuation du camp a été fixé ce lundi à 8 heures, le processus a démarré ce dimanche après-midi avec une intensification des tournées pour informer les migrants et les convaincre de partir. Et cette démarche n'a rien d'une mince affaire sur ce site immense d'une dizaine d'hectares, où s'entassent entre 6.400 et 8.100 personnes selon les comptages. Vider le camp de ses habitants devrait même prendre "une semaine" selon les autorités.

Les services de l'Etat sillonnent le camp

Pour répondre aux questions éventuelles des migrants avant le départ, les services de l'immigration sillonnent la "Jungle". Des représentants de plusieurs de ces organismes se sont rendus dans le centre d'accueil provisoire, c'est-à-dire des conteneurs installés au milieu de la "Jungle", pour préciser les modalités de cette énorme opération. La préfète du Pas-de-Calais doit également rencontrer dans l'après-midi des chefs de communauté du camp.

Les infrastructures qui orchestreront cet exode massif sont déjà prêtes. A commencer par le "sas". Devant ce hangar, situé à 300 mètres du camp, d'où partiront par autocar les migrants lundi, des barrières délimitent déjà les quatre files d'attente prévues pour les différents publics (hommes seuls, familles, vulnérables...). De là, les anciens résidents de la "Jungle" seront généralement redirigés vers des Centres d'accueil et d'orientation (CAO).

Les associations sceptiques

Le monde associatif sur place fait part de son scepticisme devant les opérations. "Le gouvernement rêve qu'en détruisant, cela règle le problème migratoire mais c'est une erreur: une bonne partie des gens qui vont partir reviendront, sans compter qu'il y a toujours de nouveaux arrivants, environ 30 par jour", affirme ainsi François Guennoc, vice-président de l'Auberge des migrants. 

Certains, cependant, ont déjà quitté la "Jungle". 39 mineurs isolés viennent en effet de quitter l'endroit pour rallier la Grande-Bretagne. Ce qui porte le total de ces transfertsà 194 personnes, en une semaine. 

R.V. avec AFP