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La France lance un "plan d'action" pour lutter contre les traversées de la Manche par des migrants

Trois migrants repérés au large de Calais le 4 août 2018

Trois migrants repérés au large de Calais le 4 août 2018 - STR / AFP

Le plan prévoit notamment un renforcement des patrouilles et de la surveillance des ports.

La France a lancé ce vendredi un "plan d'action" pour "prévenir et lutter contre les traversées de la Manche par des migrants", avec un renforcement des patrouilles et de la surveillance des ports et du littoral nord, a annoncé le ministère de l'Intérieur.

Ces mesures viennent en amont d'un "plan d'action conjoint franco-britannique", actuellement en cours d'élaboration, et qui sera avalisé "à l'occasion d'un déplacement prochain de Christophe Castaner à Londres", a ajouté le ministère dans un communiqué. L'an dernier, 504 migrants, essentiellement iraniens, ont cherché à franchir la Manche et 276 d'entre eux "sont parvenus à atteindre les eaux et côtes britanniques" selon le communiqué.

Renforcement des patrouilles dans la Manche

"Ce plan doit nous permettre de mettre fin à ces traversées (...) non seulement illégales mais par ailleurs extrêmement dangereuses. C'est notre intérêt, comme celui du Royaume-Uni, de tout mettre en oeuvre pour ne pas laisser se développer de nouvelles filières qui seraient susceptibles d'attirer à nouveau des migrants irréguliers sur notre littoral", a affirmé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner dans le communiqué.

Le "plan zonal et départemental" repose sur cinq axes, avec un renforcement de la coordination entre les forces de police/gendarmerie du Nord et du Pas-de-Calais d'une part, et des moyens en mer du Nord et dans la Manche (douanes, marine nationale, gendarmerie maritime). Ces moyens "ont été renforcés et mis en alerte pour assurer une surveillance 24h/24 des espaces maritimes", assure le communiqué.

Il est également prévu "un renforcement de la surveillance et de la sécurisation" des ports de Boulogne-sur-Mer et de Calais, ainsi que "des plages et des lieux potentiels de mise à l'eau en dehors des ports". Le plan prévoit aussi "des mesures de sensibilisation et de prévention des professionnels" (vendeurs de matériel nautique, loueurs de bateaux, gestionnaires de ports), ainsi qu'"un renforcement de la lutte contre les filières de passeurs".

Une coopération entre la France et le Royaume-Uni

Depuis octobre, ces tentatives de traversée jusque-là marginales se sont multipliées, à bord de petites embarcations voire de bateaux volés dans les ports de pêche, et ce malgré les dangers liés à la densité du trafic, aux forts courants et à la température glaciale de l'eau. Christophe Castaner a attribué la hausse des tentatives à "la sécurisation renforcée des ports de ferries et des installations Eurotunnel".

Mais pour expliquer ce phénomène, d'autres raisons ont pu être invoquées : météo clémente à l'automne, développement d'un nouveau type de filières visant des migrants iraniens généralement plus fortunés que les Africains, voire le Brexit imminent laissant craindre un durcissement des politiques migratoires...

"La perspective du Brexit n'altère en rien la nécessité pour nos deux pays de renforcer notre coopération bilatérale pour mettre en oeuvre des mesures concrètes et coordonnées afin de lutter contre l'immigration irrégulière", a ajouté Christophe Castaner.

Le plan d'action conjoint franco-britannique, dont le principe a été décidé lors d'un entretien téléphonique dimanche entre Christophe Castaner et son homologue Sajid Javid, prévoit lui aussi plus de patrouilles, une lutte accrue contre les trafiquants et des efforts de sensibilisation auprès des migrants.

Ce plan "viendra compléter les mesures nationales prises de part et d'autre", avec notamment un engagement côté britannique de "prise en charge financière" pour sécuriser la frontière via des drones, radars ou videosurveillance.

avec AFP