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La Fonderie du Poitou reprise par Saint-Jean Industries

Le tribunal de commerce de Nanterre a attribué jeudi la reprise de la Fonderie du Poitou-Aluminium (FDPA) d'Ingrandes (Vienne) à l'équipementier automobile lyonnais Saint-Jean Industries, seul candidat en lice, selon une source syndicale. Nicolas Sarkozy

Le tribunal de commerce de Nanterre a attribué jeudi la reprise de la Fonderie du Poitou-Aluminium (FDPA) d'Ingrandes (Vienne) à l'équipementier automobile lyonnais Saint-Jean Industries, seul candidat en lice, selon une source syndicale. Nicolas Sarkozy - -

Le tribunal de commerce de Nanterre a attribué jeudi la reprise de la Fonderie du Poitou-Aluminium d'Ingrandes (Vienne) à l'équipementier automobile lyonnais Saint-Jean Industries, seul candidat en lice. Nicolas Sarkozy avait annoncé lundi la reprise lors d'une visite dans la Vienne.

Le tribunal de commerce de Nanterre a attribué jeudi la reprise de la Fonderie du Poitou-Aluminium (FDPA) d'Ingrandes (Vienne) à l'équipementier automobile lyonnais Saint-Jean Industries, seul candidat en lice, a-t-on appris de source syndicale. Nicolas Sarkozy avait annoncé lundi la reprise lors d'une visite dans la Vienne. L'entreprise basée dans le Rhône s'est engagée à préserver 395 postes de travail, ce qui devrait entraîner la suppression d'une soixantaine dans le cadre d'un plan social.
Le 20 octobre, le tribunal de commerce avait placé l'usine en redressement judiciaire à la demande du groupe Montupet, déterminé à se désengager et à favoriser la recherche d'un repreneur. Les salariés s'étaient mobilisés pour demander que Renault, client à 85% de l'usine fabricant des culasses de moteurs, reprenne l'unité industrielle qu'elle avait créée en 1979 avant de la vendre en 1998 et qui était passée aux mains du groupe Montupet en 2010. Montupet avait de son côté proposé l'automne dernier de poursuivre l'activité de FDPA à condition de baisser les salaires de 25%. Un plan rejeté par les salariés, qui ont fait une grève de deux mois.

Des inquiétudes subsistent

Le président-candidat Nicolas Sarkozy avait provoqué une polémique lundi en annonçant la reprise de ce fabricant de culasses, sous-traitant de Renault, par l'équipementier automobile basé dans le Rhône. La CGT, notamment, avait ironisé sur les déclarations du chef de l'Etat « venu à son initiative annoncer ce qui était déjà prévu » puisqu'il n'y avait qu'un seul repreneur. Selon Nicolas Sarkozy, le groupe Saint Jean Industries bénéficiera de 12 millions d'euros d'investissement de l'Etat, grâce au Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA). Renault investira 19 millions d'euros dans FDPA qui pourra compter sur une aide publique de 8 millions d'euros au titre de la réindustrialisation, avait-il ajouté.

« Il y a eu une manipulation, du mensonge »

Le choix de Saint Jean industries suscite toutefois des inquiétudes. Michèle Picard, la maire communiste de Vénissieux (Rhône), a rappelé mercredi sur RMC avoir déjà eu affaire à ce repreneur lorsque la fonderie de sa ville était dans l'impasse : « il a organisé la fermeture de la plus vieille fonderie de Vénissieux qu’il avait racheté en 2005 et qu’il a liquidé en 2009. Les salariés avaient appelé un des ateliers : l’atelier des pigeons. Parce qu’en fait, ils travaillaient au milieu des pigeons qui faisaient leurs fientes au-dessus d’eux. Il y avait un autre atelier où il y avait des trous dans le toit donc il n’y a eu aucun investissement. Il y a eu une manipulation des salariés, il y a eu du mensonge auprès des clients. On ne peut pas liquider un endroit, se racheter une virginité et être le sauveur d’un autre endroit ».