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La fête de l'Humanité sous le signe du non à l'austérité

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par Gérard Bon LA COURNEUVE, Seine-Saint-Denis (Reuters) - Les communistes et leurs alliés du Front de gauche profitent de la fête de l'Humanité, ce...

par Gérard Bon

LA COURNEUVE, Seine-Saint-Denis (Reuters) - Les communistes et leurs alliés du Front de gauche profitent de la fête de l'Humanité, ce week-end près de Paris, pour donner de la voix contre la politique d'austérité du gouvernement socialiste et le traité budgétaire européen.

Signe de cette combativité, une marche contre les licenciements devait être organisée ce samedi après-midi dans les allées de ce rendez-vous politique et festif où sont attendues plus de 500.000 personnes jusqu'à dimanche.

Des salariés d'une trentaine d'"entreprises en lutte" -PSA, Fralib, Petroplus ou encore Carrefour- devaient prendre la tête de la manifestation jusqu'à la grande scène de la fête.

Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF, a réitéré à la Courneuve l'exigence du Front de gauche d'une loi contre les licenciements boursiers, appelant l'exécutif à être "à la hauteur des urgences et des attentes sociales".

Pour le dirigeant communiste, François Hollande et le gouvernement ont fait une "erreur de diagnostic" en choisissant de faire un effort budgétaire de 30 milliards d'euros qui ne fera, selon lui, qu'aggraver la crise.

La fête de l'Humanité est "un tremplin pour obtenir le changement", a-t-il dit aux journalistes, alors que la gauche radicale, qui a appelé à battre Nicolas Sarkozy, juge que François Hollande, trop timoré, ne penche pas assez à gauche.

Le président du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, dénonce pour sa part la "naïveté et la tendresse" présumée du gouvernement vis-à-vis du Medef, le syndicat patronal devenu selon lui le "véritable état-major de notre pays".

LE PATRON DU PCF VEUT S'IMPOSER

Le rassemblement de La Courneuve se veut aussi la caisse de résonance des opposants de gauche au traité budgétaire européen, synonyme à leurs yeux d'austérité, en prélude à la marche prévue le 30 septembre à Paris par la gauche antilibérale.

Jean-Luc Mélenchon, qui a repris du service pour l'occasion, promet de faire du 30 septembre un "grand rendez-vous politique du pays" comparable à celui de la Bastille, qui avait vu en mars dernier plus de 80.000 personnes se mobiliser derrière sa candidature à la présidentielle.

Pour Pierre Laurent, la bataille va se mener dans la durée pour "faire reculer des logiques d'austérité en France et en Europe", avec la perspective d'un sommet alternatif européen en Grèce en 2013.

Alors que la droite s'apprête à appuyer la ratification du texte examiné à partir du 2 octobre, le pacte budgétaire européen porté par le gouvernement socialiste divise profondément la gauche.

Le Front de gauche mais aussi plusieurs élus de l'aile gauche du PS et d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ont annoncé qu'ils voteraient contre, poussant le Premier ministre Jean-Marc Ayrault à rappeler la majorité à l'ordre.

La fête de l'Humanité est également l'occasion pour Pierre Laurent, éclipsé par l'extrême médiatisation de Jean-Luc Mélenchon lors de la présidentielle, de tenter de reprendre l'ascendant sur la gauche radicale.

Pour conforter sa stature, le secrétaire national fera son entrée le 20 septembre au Sénat, en remplacement de Nicole Borvo Cohen-Seat, démissionnaire.

Il a également dédicacé samedi à La Courneuve son dernier livre, "Maintenant, prenez le pouvoir", qui invite le peuple de gauche à faire émerger une "nouvelle République".

S'interrogeant sur l'avenir du Front de gauche, qui a vu Jean-Luc Mélenchon finir quatrième de la présidentielle (11%), Pierre Laurent écarte l'idée d'un nouveau parti, estimant que le PCF a repris confiance en lui et peut croire en l'avenir.

Edité par Patrick Vignal