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La députée LaREM Paula Forteza raconte sa fausse-couche pour briser un "tabou"

La députée LaRem en juin 2017 à Buenos Aires (Argentine)

La députée LaRem en juin 2017 à Buenos Aires (Argentine) - Eitan Abramovich - AFP

Dans un texte posté sur la plateforme Medium, la députée LaREM témoigne d'une expérience trop souvent passée sous silence, alors qu'elle concerne de nombreuses femmes.

"Un tabou, une expérience à passer sous silence sous prétexte qu’elle serait glauque et choquante". Dans un texte posté sur la plateforme Medium dimanche, la députée LaREM Paula Forteza (députée des établis Français hors de France), raconte sa récente fausse couche au bout de quatre mois de grossesse. Au-delà d'une expérience personnelle, elle dénonce le manque d'informations autour de ce drame, vécu par beaucoup de femmes et de couples.

"J’ai appris, au fil des mots d’encouragement et de soutien, que même Michelle Obama en faisait partie. Mais pourquoi n’en avais-je jamais entendu parler avant ? Pourquoi en avoir fait collectivement un tabou, une expérience à passer sous silence sous prétexte qu’elle serait glauque et choquante ?", écrit la députée.

Outre le choc de perdre un enfant, la députée raconte son étonnement face à cette prise en charge dont elle n'avait jamais entendu parler. "Saviez-vous que, à l’hôpital, la fausse couche est prise en charge tel un accouchement comme les autres: péridurale, séjour à la maternité, certificat d’accouchement ?", écrit-elle.

15% des grossesses finissent en fausse couche

Mais elle parle aussi des saignements qui peuvent suivre plusieurs semaines après la fausse couche et provoquer une anémie, ou de la réaction du corps qui, si la grossesse s'est terminée tardivement, s'est préparé à accueillir le bébé, avec par exemple des montées de lait. Elle explique découvrir tous ces phénomènes, pourtant connus des médecins, mais peu enseignés aux femmes enceintes, selon l'expérience de Paula Forteza.

"Une séance explicative obligatoire au cours de la prise en charge d’une grossesse pourrait être prévue, comme c’est le cas pour la trisomie 21, pourtant moins fréquente que les fausses couches", explique la députée.

Selon le site de l'assurance maladie, la fausse couche isolée (une expérience de fausse couche) est une "situation fréquente" qui touche environ 15% des grossesses. Les fausses couches à répétition (3 fausses couches spontanées avant 14 semaines d'aménorrhée), touchent environ 1,5% des femmes.

"L'information officielle et de qualité est très rare"

Malgré le nombre important de femmes touchées, "l'information officielle et de qualité est aussi très rare sur Internet", déplore l'élue, qui raconte être tombée avant tout sur des témoignages lors de ses recherches, notamment de femmes cherchant également des informations.

Paula Forteza dénonce également les disparités de traitement au sein du couple: elle a le droit à un mois d'arrêt maladie, quand son compagnon "pourtant absolument investi dans la grossesse depuis le premier jour" a été obligé de "prendre des jours de congés payés pour se remettre".

Alors que la question d'allonger le congé paternité est actuellement sur la table, "ne devrions nous pas nous inspirer des pays scandinaves où le choix de la répartition des congés est laissée au couple ou encore du Portugal où le congé paternité a été rendu obligatoire ?", lance la députée, avant d'assurer qu'elle travaillera à des propositions en ce sens dans les prochains mois.

Salomé Vincendon