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La Croix-Rouge demande un droit opposable à l’alimentation

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Jean-François Mattei, président de la Croix Rouge française, réclame un droit opposable à l’alimentation. Témoignage d’Hassiba à Reims.

Le 22 avril dernier, dans un entretien à l'AFP, Jean-François Mattei avait réclamé « un droit opposable à l'alimentation » pour faire face à la hausse des prix des denrées alimentaires qui favorise la précarité. Interviewé ce matin sur RMC, il est revenu sur ce droit qu'il défend : « Je l'ai proposé car je trouve que l'on a beaucoup parlé du droit opposable au logement, que je comprends parfaitement, mais à mon sens le premier des droits est celui pour tout être humain de manger à sa faim. Si quelqu'un meurt de faim, il n'a plus besoin de logement ».

« Le droit opposable au logement a été défendu de manière très légitime, nous avons même débouché sur une proposition de loi. Je ne souhaite pas une loi sur le droit opposable à l'alimentation, je veux attirer l'attention de tous ceux qui exercent des responsabilités dans notre société pour montrer qu'il faut absolument permettre à ceux qui sont à nos côtés de manger à leur faim. Ce droit opposable est un droit de l'Homme tout simplement ».

La détresse d'Hassiba

Illustration de ce que Jean-François Mattei dénonce, le cas d'Hassiba à Reims. Mère de famille de 43 ans, elle ne dispose que de 560 euros par mois pour vivre. Elle est obligée d'aller dans les banques alimentaires, mais celles-ci sont dans une situation critique, et ne fournissent plus assez de nourriture.

Hassiba et son avocat demandent à ce qu'une enquête soit menée pour voir dans quel état sont les banques alimentaires en ce moment à Reims. Elles n'arrivent plus à faire face à la demande des familles en difficultés, des familles avec souvent plusieurs enfants. Mais en dehors des associations caritatives, il n'y a rien. Leur but est de faire reconnaitre la défaillance de l'Etat car, en 1990, la France a signé une convention internationale sur les droits de l'enfant. Et ce texte dit très clairement qu'en cas de besoin, les états doivent assurer une assistance matérielle pour que les enfants aient une alimentation suffisante. Si l'Etat est condamné, Hassiba demandera alors une indemnisation. Une somme d'argent pour faire face aux besoins alimentaires de ses 2 enfants.

Hassiba explique que ses enfants « n'ont rien à manger. Vous vous rendez compte ? J'ai un petit qui boit le lait, et bien j'ai deux litres par semaine. Ce qui est grave c'est la viande. On ne sait pas ce que c'est, ni le poisson ni la viande. On ne mange que des épinards, je n'ai rien de consistant pour un petit de 4 ans et demi, donc il ne sait pas ce qu'est la viande, ce que sont les œufs... La vie est catastrophique pour les enfants, je ne sais pas comment faire. J'ai fait la grève de la faim pour que mes enfants arrivent à finir la semaine ».

Maitre Emmanuel Ludot, l'avocat de Hassiba, demande « ce qu'on appelle un constat, une sorte de photographie de la situation alimentaire de Reims et de voir dans quelles conditions des parents tels que (sa) cliente sont amenés à avoir recours à des banques alimentaires, afin que l'on puisse se rendre compte de l'état de difficulté et de détresse que connaît actuellement cette malheureuse mère de famille ».

La rédaction et Yannick Olland