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La Cour des comptes demande plus de rigueur aux musées français

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PARIS (Reuters) - La Cour des comptes estime que la forte hausse des dépenses publiques consacrées aux 37 musées nationaux français ces dernières années n'est plus soutenable et n'a pas permis d'en démocratiser l'accès.

PARIS (Reuters) - La Cour des comptes estime que la forte hausse des dépenses publiques consacrées aux 37 musées nationaux français ces dernières années n'est plus soutenable et n'a pas permis d'en démocratiser l'accès.

Dans un rapport présenté mercredi, elle recommande en particulier d'améliorer la gestion des musées, de rééquilibrer la politique en faveur des régions et de redéployer certains moyens pour favoriser la démocratisation de l'accès aux musées.

Le Louvre, Versailles, le Centre Georges Pompidou, le musée d'Orsay ou le musée du quai Branly figurent parmi ces 37 musées.

"La Cour estime que l'effort public en faveur des musées nationaux a augmenté dans une proportion comprise entre 70% et 90% en dix ans", a dit son premier président Didier Migaud, selon le texte de son discours.

"Cette dynamique de dépense n'est plus soutenable" au regard de l'exigence de réduction des déficits publics, a-t-il ajouté.

Les financements annuels directs de l'Etat sont passés de 334 millions à 528 millions d'euros en dix ans, une hausse de près de 60% qui est deux fois plus importante que celle des crédits du ministère de la Culture et trois fois plus importante que celle du budget général de l'Etat, souligne la Cour.

A ces financements s'ajoutent les dépenses fiscales, c'est-à-dire le manque à gagner lié aux réductions d'impôts accordées aux mécènes.

"Il est indispensable que ces avantages fiscaux soient rigoureusement évalués", ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, a ajouté Didier Migaud.

"GRAVES TENSIONS BUDGÉTAIRES"

Si l'on prend aussi en compte les grands chantiers déjà programmés et qui doivent être financés d'ici 2020, c'est près d'un milliard d'euros supplémentaires qu'il faudra trouver, sans compter les coûts de fonctionnement de ces nouveaux équipements.

"Ce sont de très, très graves tensions budgétaires qui sont à redouter pour le ministère de la Culture", a dit Didier Migaud.

En effet, souligne le rapport, la hausse des tarifs d'entrée des musées ne s'est pas traduite par un accroissement de leur capacité à s'autofinancer.

La Cour des comptes ne recommande pas de procéder à de nouvelles hausses de tarifs très importantes, ni d'accentuer le mécénat privé, mais d'endiguer la dérive des dépenses.

"Le ministère de la Culture et ses musées ne disposent d'aucune marge de manoeuvre du côté des recettes. Il faut enrayer la dynamique des dépenses", a dit Didier Migaud. "Cela passe par des redéploiements fondés sur une stricte hiérarchie de leurs objectifs et par une gestion encore plus efficace."

Le développement de l'offre culturelle des musées nationaux a été spectaculaire, souligne la Cour, citant la construction du musée du quai Branly, l'agrandissement de nombreux autres et une multiplication des initiatives et des projets.

Mais cette politique a en fait accentué le déséquilibre entre Paris et la province et elle n'a pas permis de diversifier le public des musées.

Ce public ne s'est pas rajeuni et la forte hausse de la fréquentation totale est due principalement aux touristes étrangers et à des amateurs parisiens plus assidus, explique la Cour. "La diversification sociale érigée en objectif tout au long de la décennie ne s'est pas produite", écrit-elle.

Jean-Baptiste Vey, édité par Patrick Vignal