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La baisse du "denier" en 2018 met les finances de l'Eglise dans le rouge

Un crucifix et des cierges - Image d'illustration

Un crucifix et des cierges - Image d'illustration - Charly Triballeau - AFP

"Dans 90% des cas, les diocèses sont en déficit d'exploitation" souligne-t-on du côté de la Conférence des évêques.

Le délaissement progressif des Français pour l'Eglise, on dénombrait moitié moins de baptêmes en 2015 qu'en 1990, conjugué aux différentes affaires de pédophilie impliquant certains prêtres et à la crise sociale actuelle va-t-il avoir raison des finances du culte?

Lors des neuf premiers mois de 2018, l'Eglise catholique a constaté une baisse de 2,2% du "denier", sa principale ressource, a annoncé mardi la Conférence des évêques (CEF). Ce dernier représente 40% des quelque 640 millions d'euros de ressources recueillies en 2017 devant les quêtes, legs, ou contributions versées lors des baptêmes, mariages ou funérailles, selon la CEF. Il sert à rémunérer les 14.000 prêtres et les salariés laïcs.

Stable jusqu'en 2017

Malgré la défection de plus en plus grande, la collecte restait plutôt stable jusque 2017, a précisé Ambroise Laurent, secrétaire général adjoint de la CEF en charge des finances, lors d'une conférence de presse.

Mais "en 2018", l'"indicateur d'alerte" a viré "au rouge", a-t-il souligné. "Pour la première fois, si les statistiques au 30 septembre sont celles de la fin de l'année, nous aurions un recul de 2,2%" du denier. Et de 5% en intégrant "les dons qui étaient faits avec une déduction ISF (Impôt sur la fortune).

Toujours selon la CEF, les raisons de cette baisse du denier sont multiples. "Le retentissement médiatique des rapports établis sur les abus sexuels commis par des clercs peut avoir un eu un effet sur la collecte du denier" indiquent-ils au média La Vie.

"Les affaires, passées ou plus récentes, révélées ou jugées en France ces derniers mois ont marqué les donateurs, qu’ils soient réguliers ou non."

Quelles solutions?

Afin d'endiguer cette perte financière, l'Eglise a plusieurs cartes dans sa manche. A partir de ce jeudi et jusqu'au 31 décembre, une campagne de communication: spots radios, visuel dans les médias catholiques, campagne digitale avec diffusion d'une vidéo de 12 secondes sur les sites des médias catholiques a été lancée, ainsi que la mise en place d'une plateforme unique et directe de don.

Dons qui devraient d'ailleurs être simplifiés, puisque l'Eglise, toujours selon La Vie, souhaite faciliter l'accès au don sur internet grâce au prélèvement automatique. A l'heure actuelle, seuls 10% des dons se font de cette manière et les autorités religieuses estiment que ce développement favoriserait l'arrivée de nouveaux donateurs.

Reste que, la situation doit vite s'améliorer. A l'heure actuelle, "dans 90% des cas, les diocèses sont en déficit d'exploitation" reprend Ambroise Laurent.

En 2019, un "exercice de prospective à 3 à 5 ans des finances va être mené dans chaque diocèse, sur les possibilités de "maîtrise des charges" (achats, emplois, immobilier...).

Hugo Septier