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L'odyssée de Stanley Kubrick à la Cinémathèque française

Costumes pour le film "Barry Lyndon" (1975) de Stanley Kubrick, exposés à la Cinémathèque de Paris. Le monde onirique et terriblement précis du réalisateur américain, l'un des plus extraordinaires metteurs en scène du XXe siècle, fait escale ce printemps

Costumes pour le film "Barry Lyndon" (1975) de Stanley Kubrick, exposés à la Cinémathèque de Paris. Le monde onirique et terriblement précis du réalisateur américain, l'un des plus extraordinaires metteurs en scène du XXe siècle, fait escale ce printemps - -

Le monde onirique et terriblement précis de Stanley Kubrick, l'un des plus extraordinaires metteurs en scène du XXe siècle, fait escale ce printemps à la Cinémathèque de Paris.

Après Berlin, Zurich et Rome, la capitale française rend hommage au très secret cinéaste américain décédé en mars 1999, auteur de films aussi divers que "2001, l'Odyssée de l'espace" (1968), "Lolita" (1960), "Orange mécanique" (1971), "Shining" (1980) et "Barry Lyndon" (1975).

Des oeuvres majeures, exigeantes et populaires, toutes entrées par la grande porte dans l'histoire du cinéma.

"C'est un metteur en scène absolument à part, unique depuis le début du cinéma. Il n'y aura pas d'école Kubrick, car il est impossible à imiter", a dit à Reuters le cinéaste Costa-Gavras, président de la Cinémathèque française.

"Martin Scorcese dit de lui, à propos des metteurs en scène: 'Nous sommes tous dans la vallée et Kubrick est en haut de la montagne, et on se demande comment il a fait pour y aller !'"

Organisée par film, l'exposition de la Cinémathèque présente jusqu'au 31 juillet une masse d'objets faisant revivre les tournages, illustrés par des extraits projetés sur les murs.

"Nous étions habitués à vivre au milieu de tous ces cartons de souvenirs. Après sa mort, je me suis aperçue que ça vieillissait très vite, jaunissait, prenait la poussière. Nous avons donc décidé de faire une exposition", a déclaré la veuve d'origine allemande de Kubrick, Christiane, qui a travaillé à la rétrospective aux côtés du commissaire Hans-Peter Reichmann.

"NAPOLÉON" ABANDONNÉ

Près de l'entrée, une robe à pois posée sur un canapé rouge rappelle "Lolita", film tiré du sulfureux roman de Vladimir Nabokov. Une maquette en mousse verte représente le labyrinthe où se perd Jack Nicholson dans "Shining".

Exposés aussi, les costumes de "Barry Lyndon", film historique d'une beauté inoubliable tourné à la lumière des bougies grâce à une caméra mise au point par la Nasa.

Un costume de singe et un morceau du décor lunaire rappellent le prologue de "2001, l'Odyssée de l'espace", oeuvre de science fiction dont Kubrick disait qu'elle était "une expérience non verbale", qui "pénètre directement le subconscient avec un contenu émotionnel et philosophique".

Partout, des affiches, des photos, des maquettes, des costumes, des correspondances illustrent le souci du détail de celui qui prenait le temps de créer des histoires étonnantes dans des décors extraordinaires, sans ordinateur.

"Il disait que ce qui est précieux pour faire un film, c'est le temps", déclare dans une vidéo Nicole Kidman, héroïne du dernier film du maître, "Eyes Wide Shut" (1999).

Un perfectionnisme poussé au point d'abandonner des projets très avancés, tel "Napoléon", sur lequel Kubrick fit travailler 24 assistants et historiens avant de jeter l'éponge en 1969 pour des raisons techniques et financières. Une oeuvre en devenir dont il disait pourtant: "Il m'est impossible de vous dire ce que je vais faire si ce n'est que je pense faire le meilleur film jamais réalisé".

Stanley Kubrick a aussi abandonné un projet traitant de la déportation, "Aryan Papers", après la sortie de "La liste de Schindler" de Steven Spielberg.

L'exposition est l'occasion d'une rétrospective des oeuvres de Stanley Kubrick, de conférences et de publications. Une copie restaurée d'"Orange mécanique", sorti en salle il y a 40 ans, sera présentée au prochain festival du film de Cannes.