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L'inquiétant fléau des rodéos sauvages prend de l'ampleur

Depuis 2018, une nouvelle loi permet de sanctionner de 30.000 euros, et de deux années de prison, les participants à ce type d'événements.

"Ils mettent leur vie en danger, et celle des autres." Ce constat de Stéphane Beaudet, maire d'Évry-Courcouronnes, est on ne peut plus clair. Depuis maintenant plusieurs mois, cette commune de l'Essonne est gangrenée par des "rodéos sauvages", comprendre des conducteurs de deux-roues qui, en dépit du code de la route, se retrouvent au guidon de motos non-homologuées, et le plus souvent sans protections, et à grande vitesse. 

S'il y a quelques jours, un jeune homme a failli rentrer en collision avec un bus de la ville, mais ce phénomène qui ne semble toutefois pas se limiter à Évry-Courcouronnes. Vendredi passé, trente personnes avaient par exemple participé à un rodéo de ce type parti depuis Paris, qui avait provoqué deux accidents graves, tandis que des habitants de la banlieue lyonnaise se mobilisent pour faire cesser ces nuisances.

Les policiers pris entre deux feux 

Rencontrés par BFMTV, Samy et Rémy, deux amateurs de ce type d'événements, assurent "faire le plus attention possible." "On essaie de ne pas rouler comme un taré, c'est tout", ajoutent-ils. 

Malgré ces promesses, les incidents semblent pourtant se multiplier, au grand dam des policiers qui ont de plus en plus de mal à intervenir. Selon eux, les accusations de bavures lors de ces interventions sont également de plus en plus fréquentes.

"Quand on est dans le feu de l'action et qu'on est là pour faire cesser une infraction qui peut causer un danger imminent, le policier fait son travail, évidemment dans le respect de la réglementation, sans engendrer plus de conséquences que si il n'intervenait pas", détaille, toujours à BFMTV, Christian Corinus, policier municipal à Evry-Courcouronnes.

"On le sait tous qu'elles sont dangereuses"

Pourtant, en 2018, les députés avaient adopté une loi permettant de sanctionner plus durement les participants à ces rodéos sauvages à hauteur de 30.000 euros d'amende et deux années de prison. 

Dans les faits, Stéphane Beaudet assure que la situation est bien plus complexe. 

"Le problème, c'est qu'à part supprimer les motos, les mobylettes, les motos-cross quand on les interpelle, à part donner des amendes, des  interventions sur sites... On le sait tous qu'elles sont dangereuses", conclut-il. .
Hugo Septier