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Une loi pour sanctionner plus durement les rodéos sauvages

Les députés examinent ce jeudi une proposition de loi contre les rodéos urbains.

Les députés examinent ce jeudi une proposition de loi contre les rodéos urbains. - Capture BFMTV

Les députés examinent ce jeudi une proposition de loi visant à lutter contre les rodéos motorisés, véritables fléau à la ville comme à la campagne. Pour décourager cette pratique dangereuse, le texte propose de durcir les sanctions et de rendre automatique la confiscation des véhicules.

Dans des zones industrielles, en pleine ville ou sur des routes de campagne, le phénomène des rodéos sauvages empoisonne la vie des riverains. Souvent jeunes, les adeptes de ces rodéos se livrent à des acrobaties en scooter ou à moto, lancés à pleine vitesse.

Dans les communes concernées, les élus locaux se sentent souvent impuissants pour tenter de faire cesser les rodéos sauvages et craignent l'accident. En juillet 2017, un jeune homme de 20 ans avait ainsi trouvé la mort au cours d'un rodéo à moto à Wissous, dans l'Essonne.

"Ce que je ne voudrais surtout pas, c'est qu'il y ait une maman qui vienne un matin en mairie me dire 'j'ai envie de faire une marche blanche parce que mon fils s'est fait renverser'. Ce n'est pas possible d'attendre ça", souligne Jean-Marie Vilain, maire UDI de Viry-Châtillon, dans l'Essonne.

"Aucun effet dissuasif" des sanctions actuelles

Avec d'autres élus locaux, il est à l'origine d'une proposition de loi portée par les députés LaREM et MoDem et examinée à partir de ce jeudi à l'Assemblée nationale. L'objectif de cette loi est de renforcer les moyens de lutte contre cette pratique et les sanctions pour décourager les amateurs de rodéos sauvages. 

"Le problème, c'est que les sanctions sont d'une part très faible, il y a des amendes qui vont autour de 100 à 150 euros, ça n'a aucun effet dissuasif. C'est pour cette raison que nous avons demandé à ce qu'il y ait un renforcement et surtout qu'il y ait des possibilités plus faciles et plus simples de confisquer les véhicules", explique Jean-Noël Barrot, député LaREM des Yvelines. 

Le texte examiné à l'Assemblée propose de définir juridiquement le délit de rodéo motorisé et de le punir d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende. La peine peut par ailleurs être portée à deux ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende pour des faits commis en réunion et à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende en cas d'usage de stupéfiants ou de conduite en état d'ébriété. 

Vers une confiscation obligatoire des véhicules

A ces sanctions, le texte propose d'ajouter une peine complémentaire plus dissuasive encore: la confiscation obligatoire du véhicule, même lorsque l'auteur du délit n'est pas le propriétaire. 

Malgré ce nouvel arsenal, la difficulté reste d'appréhender les auteurs, prompts à disparaître à toute vitesse. Après des drames comme à Villiers-le-Bel où deux jeunes à scooters étaient morts lors d'une course poursuite avec la police, les forces de l'ordre veulent éviter les accidents.

"L'interpellation en flagrance est dangereuse à mettre en oeuvre et les preuves du délit souvent difficiles à apporter, les individus roulant souvent sans casques et à grande vitesse sur des engins non immatriculés", reconnaissent les députés dans leur proposition de loi. 

Pour le maire de Viry-Châtillon, cette lutte sur le terrain passe aussi par les équipements des villes: "maintenant, il y a beaucoup de villes qui sont équipées de caméras qui permettront d'identifier ces personnes et après coup de les interpeller". 

C. B