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L’héritage d’Aimé Césaire

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L'émotion populaire suscitée par la mort du poète est énorme en Martinique mais aussi en métropole. Les obsèques ont lieu à 20h30 (heures de Paris), et seront retransmises sur le parvis de l'Hotel de ville...

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Les obsèques nationales d'Aimé Césaire ont lieu dimanche à Fort de France en Martinique en présence notamment de Nicolas Sarkozy et d'Yves Jégo, secrétaire d'Etat à l'Outremer. Un cortège a emmené vendredi la dépouille de l'ancien député au travers des rues de Fort de France jusqu'au stade de Dillon. Pendant deux jours, la population a eu la possibilité de venir se recueillir et de s'incliner sur son corps. Aimé Césaire avait été admis le 9 avril au CHU de Fort-de-France, où il est décédé hier à 05h20 heure locale à l'âge de 94 ans.

Christine Albanel, la ministre de la culture, et Ségolène Royal, ont avancé l'idée de transférer son corps au Panthéon. Par ailleurs, le parti progressiste martiniquais, formation politique créée par le poète, souhaite que le 17 avril soit désormais un jour de deuil annuel.

Aimé Césaire a réclamé tout au long de son existence un statut autonome pour son île. Philippe-Edmond Mariette, l'ancien député de Fort-De-France et du Lamentin, témoigne : « Nous avons aujourd'hui l'obligation de conduire et d'offrir à la Martinique de demain et à nos enfants le fait de devenir une région autonome. Je crois que cette notion est aujourd'hui partagée par une majorité du corps politique martiniquais. Nous aurons l'obligation morale de faire en sorte que cette partie de son héritage soit traduite dans les actes et dans les faits par nous. Si nous ne le faisons pas, notre génération politique sera une génération qui aura démissionné ».

Raphaël Confiant, le rédacteur en chef de la Tribune des Antilles, est également l'auteur d' « Aimé Césaire, la traversée paradoxale du siècle », publié aux éditions Stock. Selon lui, « nous sommes un pays qui a subi trois siècles d'esclavage, qui a été opprimé, décervelé, qui a perdu son identité... Aimé Césaire, dans les années 30 du XXème siècle, a voulu pousser ce qu'il a appelé « le grand cri nègre » qui ébranlera les assises du monde. Il a voulu donc à la face du monde rétablir l'homme noir dans sa dignité, qu'il avait perdu à cause des siècles d'esclavage ».

La rédaction - Antonin Amado