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L'Express accuse Yann Moix d'avoir écrit des textes négationnistes

Yann Moix dans ONPC

Yann Moix dans ONPC - France 2

Après avoir assuré n’avoir signé que les dessins d’une revue antisémite, Yann Moix reconnaît être également l’auteur de textes négationnistes.

Après avoir dévoilé lundi que l'écrivain Yann Moix avait réalisé des dessins à caractère antisémite lorsqu'il était étudiant, L'Express est revenu à la charge ce mardi en affirmant que l'auteur d'Orléans a publié à la même époque des textes négationnistes. Ce que le principal intéressé reconnaît dans les colonnes de Libération

"J’assume, j’endosse tout. Tout ce que j’ai fait à l’époque avec trois ou quatre cons, on était des types complètement paumés. J’écrivais, je dessinais, je produisais de la merde", déclare-t-il ce mardi soir.

Des dessins, puis des textes

Retour sur l'affaire: lundi, L'Express a publié des extraits d'une revue antisémite, Ushoahia, dont Yann Moix a reconnu avoir signé les dessins lorsqu'il était étudiant. Il affirmait alors ne pas avoir participé aux textes.

Ce que L'Express conteste aujourd'hui en assurant avoir mis la main sur "une volumineuse liasse de feuilles numérotées, datées des années 1989 et 1990". "Moix appose d'ailleurs sa signature au bas de certains feuillets", explique l'hebdomadaire. Des textes antisémites et négationnistes, dont certains se retrouvent dans la revue Ushoahia.

"Je ne suis pas antisémite"

"Ces textes et ces dessins sont antisémites, mais je ne suis pas antisémite", se défend Yann Moix dans Libération. "Aujourd’hui, l’homme que je suis en a honte. Tout le parcours que j’ai fait depuis, tout mon parcours d’homme, c’est l’histoire de quelqu’un qui a essayé de s’arracher à cette géographie toxique, m’extraire de cette nasse."

"Plutôt que de tomber dans la merde, je me suis élevé, en étant curieux intellectuellement", poursuit-il. "J'ai eu la chance de rencontrer Bernard Henri-Lévy, qui m’a évité de devenir l’homme que j’aurais pu être, une pourriture."

Bernard-Henri Lévy, tout comme d'autres personnalités, fait les frais de violentes attaques antisémites dans Ushoahia. On peut également lire, dans le manuscrit révélé par L'Express, la phrase; "Chacun sait (...) que les camps de concentration n'ont jamais existé." 

"L'âge de 20 ans, c’est fait pour se tromper", conclut Yann Moix dans Libération. "Aujourd’hui, alors que ces dessins, ces textes sont ressortis, je me sens libre. Libéré de cette épée de Damoclès avec laquelle je vivais depuis trente ans."

Rentrée littéraire compliquée

Depuis plusieurs jours, l'écrivain est par ailleurs au centre d'une polémique familiale avec la sortie de son roman Orléans, qui raconte son enfance malheureuse, marquée selon lui par la maltraitance de son père, "une pure affabulation" selon ce dernier.

Dimanche, Alexandre, le frère de Yann Moix, a lui aussi fermement contesté les allégations de l'écrivain, assurant que c'était lui le bourreau et l'accusant de "sacrifier la réalité sur l'autel de ses ambitions littéraires". 

Yann Moix, récompensé par le prix Renaudot en 2013, sera invité samedi d'On n'est pas couché sur France 2, émission dont il a été chroniqueur de 2015 à 2018.

Benjamin Pierret avec AFP