BFMTV

L’euro plonge : faut-il s’inquiéter ?

-

- - -

Malmenée par la crise grecque, la monnaie unique européenne plonge. Quelles conséquences pour les consommateurs ? Est-ce la mort de l’euro ? Des experts débattent. Donnez votre avis !

La crainte de la contagion de la crise grecque pèse sur l'euro. Hier mercredi, la monnaie unique européenne, qui cotait plus de 1,45 dollars en début d'année, a chuté à 1,28 dollars. Les marchés n'ont pas été convaincus par le plan d'aide à la Grèce décidé le week-end dernier par l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI). Ils redoutent que la crise ne se propage à d'autres pays de la zone euro, comme l'Espagne ou le Portugal.
Par ailleurs, un récent sondage Ifop montre que près de 4 Français sur 10 souhaitent l'abandon de l'euro et le retour au franc. Et vous, qu’en pensez-vous ? Donnez votre avis dans le forum ci-dessous !

Euro en baisse, prix en hausse…

Un euro en baisse, c'est plutôt bon pour les exportations. En revanche, ça l'est moins pour le pouvoir d'achat des consommateurs... Le premier poste impacté sera celui du carburant. Car, le baril se vendant en dollar, il faudra plus d'euros pour acheter une même quantité d'essence. D'ailleurs, les prix à la pompe le confirment, ils ont atteint en avril leur plus haut niveau depuis un an et demi. De plus, certains articles de grande consommation fabriqués en zone dollar pourraient sensiblement gonfler. Exemple, pour un produit valant 200 dollars, le consommateur français déboursait environ 147 euros il y a quelques mois. Il lui en coûte environ 156 euros maintenant.

En revanche, la baisse de l'euro est une vraie bouffée d'air pour le commerce extérieur français. Les produits nationaux devenant plus attractifs, car moins coûteux. La filière viticole, notamment, espère vendre plus aux USA, l'un de ses marchés principaux. Et il y a urgence : en 2009, ses ventes ont baissé de 32%...

« Laisser sortir la Grèce, c’est ouvrir la boîte de Pandore »

La survie de l'euro pourrait même être compromise selon certains experts, comme Marc Touati, économiste et fondateur du cabinet ACDEFI (Aux commandes de l'économie et de la Finance) : « La zone euro est menacée. Si on ne fait rien, la Grèce sera peut-être forcée d’en sortir. Et si la Grèce sort de la zone euro, ce sera comme ouvrir la boîte de Pandore : derrière, ça pourra être le Portugal, l’Espagne… Donc, la zone euro ne pourra plus subsister comme aujourd’hui. »

Soulignant par ailleurs que dans la zone euro, il y a des pays aux économies aussi contrastées que l'Allemagne et la Grèce, Marc Touati conclue : « Une zone euro n’a de sens que si elle réunit des pays qui se ressemblent économiquement parlant. Nous payons aujourd’hui le fait d’avoir voulu élargir la zone euro avant d’en consolider les fondations ».

« Dire que l’euro est mort, est prématuré et pessimiste »

Du côté des défenseurs de la monnaie unique, la survie de la zone euro est largement possible. Persuadé que « l’euro a beaucoup plus d’avantages que d’inconvénients », Christian de Boissieu, le président du Conseil d'analyse économique, lance : « c’est quand même un peu tôt, rapide et très pessimiste de dire que la crise grecque signifie que l’euro est mort ou doit mourir. Les opinions publiques ne cherchent pas à revenir aux monnaies nationales, que je sache ! ».

La Rédaction, avec Antoine Perrin