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L'éclairage public "à la carte" testé en France

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PREFAILLES, Loire-Atlantique (Reuters) - Pour faire des économies d'énergie, mieux voir les étoiles ou permettre aux insectes de se reproduire dans...

PREFAILLES, Loire-Atlantique (Reuters) - Pour faire des économies d'énergie, mieux voir les étoiles ou permettre aux insectes de se reproduire dans le noir, une petite commune de France mène de front plusieurs expériences permettant de déclencher l'éclairage public "à la carte".

Préfailles, une commune littorale de Loire-Atlantique dont la population passe de 1.300 à 13.000 habitants l'été, permet depuis peu à des habitants d'allumer les lampadaires de leur rue sur simple appel téléphonique.

Dans d'autres quartiers, un lampadaire sur deux est éteint la nuit, leur intensité lumineuse est baissée de moitié ou des lampes économiques ont été couplées avec des détecteurs de mouvements et de chaleur pour déclencher l'allumage.

"Il s'agit d'un projet économique et écologique, et non pas d'un coup de pub au moment où la France a des problèmes d'approvisionnement électrique", déclare Jean-Luc Le Brigand, maire (Parti radical) de Préfailles, qui espère faire baisser au passage sa facture électrique "de 40 à 95 %".

Sur les 120 maisons du quartier de la Pointe Saint-Gildas, où les habitants peuvent déclencher l'éclairage public "sous quinze secondes" après avoir appelé un numéro gratuit, seules une vingtaine d'habitations sont des résidences principales.

"Cette initiative permet aux habitants de gérer eux-mêmes un service public : s'ils veulent faire faire des économies à la commune, à eux de voir s'ils ont vraiment besoin de cet éclairage", explique Jean-Luc Le Brigand, pour qui son initiative est "une première en France".

"On va aussi permettre à des milliers d'insectes de continuer à vivre, car la lumière des lampadaires gêne leur reproduction", relève le maire de Préfailles. "Un éclairage trop fort empêche par ailleurs d'observer les étoiles et la Voie lactée, et perturbe le sommeil humain."

L'extinction totale de l'éclairage public, qui avait été testée pendant une semaine il y a deux ans, suscite néanmoins l'opposition d'une partie de la population, notamment des commerçants.

Un bilan de l'expérimentation, qui sera menée pendant un an, doit être fait avec les habitants à partir de février 2013 lors de réunions publiques. Un appel d'offres sera alors lancé par la commune pour renouveler une partie de ses 475 lampadaires, dont certains datent des années 1970 et "éclairent plus le ciel que la route", se désole son maire.

Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse