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L'accident d'un TGV en Alsace dû à un "freinage tardif"

Le TGV accidenté près de Strasbourg

Le TGV accidenté près de Strasbourg - AFP

Une "séquence de freinage trop tardif", est à l'origine de l'accident d'un TGV d'essais qui a fait 11 morts samedi en Alsace, et le train a déraillé à 243 km/h, a annoncé la SNCF jeudi lors d'une conférence de presse.

Le train, qui a entamé son freinage 1 kilomètre trop tard, a abordé la portion de raccordement entre la LGV et la ligne classique à 265 km/h au lieu de 176 km/h, ont précisé les dirigeants du groupe ferroviaire, précisant que sept personnes se trouvaient dans la cabine de conduite, au lieu de quatre personnes autorisées.

"Des procédures disciplinaires vont être engagées"

"Cette séquence de freinage (...) aurait dû être exercée au moins un kilomètre plus tôt", a déclaré le président de la SNCF, Guillaume Pepy, dans une déclaration commune avec le président de SNCF Réseau, Jacques Rapoport. Des "facteurs organisationnels et humains" sont en cause, selon la SNCF, qui précise qu'aucune défaillance technique n'a été relevée. Ainsi, "des procédures disciplinaires vont être engagées" et "conduiront, dès que l'enquête le permettra, aux sanctions justifiées", a ajouté Guillaume Pepy.

"Au vu de la gravité exceptionnelle et du bilan humain très lourd, des suspensions conservatoires vont être décidées, après audition des intéressés et de leur chaine managériale", ont-ils ajouté. Les dirigeants ont souligné que l'enquête devra éclaircir "la présence imprudente d'enfants à bord et de sept personnes en cabine de conduite, un certain manque de rigueur dans la préparation de la liste des personnes et son contrôle".

Gel des essais

"Enfin, sans doute figurent (...) des erreurs de comportements humains à la fois en cabine et dans la relation entre la cabine et la rame", ont-ils ajouté. Guillaume Pepy et Jacques Rapoport ont également annoncé le gel, jusqu'aux résultats de l'enquête, des essais sur LGV et la remise à plat de l'ensemble des procédures d'essais sur ligne à grande vitesse, avec un comité d'expertise confié à André-Claude Lacoste, ancien patron de l'Autorité de sûreté nucléaire.

Ce train effectuait un essai sur le second tronçon de la LGV entre Paris et Strasbourg, qui devait ouvrir en avril et dont il est "raisonnable de penser" qu'elle sera mise en service plus tard que prévu. Ce TGV d'essais a déraillé, avant de percuter un pont puis de chuter de la ligne ferroviaire.

Parmi les 53 personnes qui se trouvaient à bord, 11 sont décédées, dont le directeur de la ligne et le directeur des essais. Quatre adolescents se trouvaient à bord et figurent parmi les blessés. Aucun de ces mineurs ne se trouvait dans la cabine de conduite. Deux enquêtes distinctes sont également ouvertes: une enquête du Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) et une enquête judiciaire, à Strasbourg.

la rédaction avec AFP