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"Je me suis pris les pieds dedans": un radiologue victime d'une fracture après avoir trébuché sur des trottinettes

Un radiologue parisien a été blessé en trébuchant sur des trottinettes abandonnées par leurs utilisateurs au milieu d'une chaussée. Il regrette que la mairie de Paris n'aille pas plus loin dans sa réglementation.

Au lendemain de sa chute, il réalisait lui-même la radiographie de son bras avant de s'occuper de ses patients. Le 28 avril dernier, ce radiologue parisien, souhaitant garder l'anonymat, a été victime d'un accident de trottinette. Il n'était pas dessus, il n'a pas été percuté par un autre véhicule, l'homme a trébuché sur des trottinettes en libre-service abandonnées par leurs utilisateurs en plein milieu de la chaussée.

Le médecin se trouvait au croisement de la rue des Ecouffes et de la rue des Rosiers, dans le IVe arrondissement. Ce dimanche, en fin de journée, la pluie est dense. L'homme se protège sous un porche d'immeuble avant de se décider à reprendre son chemin. "J'ai couru pour traverser la chaussée, la visibilité n'était pas très bonne, les trottinettes sont noires, sans éléments réfléchissants", raconte-t-il à BFMTV.

Il poursuit: "J'ai réussi à enjamber la première trottinette, puis je me suis pris les pieds dans la deuxième, et je suis tombé sur la troisième."

"Occupation illégale" de la voie

La chute est lourde, et les conséquences sont graves. "Je me suis fracturé le col de l'humérus", explique le spécialiste, qui grâce à ses contacts dans le milieu médical a évité "de justesse" l'intervention chirurgicale. Depuis, il a entamé une rééducation mais les séquelles sont toujours présentes alors qu'il n'a pas stoppé son activité. "Il y a plusieurs actes à mon cabinet que je ne peux plus réaliser", déplore-t-il.

Le radiologue souhaiterait retrouver les utilisateurs qui ont abandonné au milieu de la chaussée, et envisage de porter plainte notamment contre la mairie de Paris. "Un restaurateur qui veut ouvrir une terrasse, il demande une autorisation d'occupation du domaine public, et on lui accorde mais avec des obligations, argumente Me Michel Benezra, avocat. Cela devrait être pareil pour les sociétés de free floating qui ne sont soumis à aucune obligation de sécurité."

"La mairie de Paris a le pouvoir de verbaliser pour occupation illégale", insiste l'avocat.

"Poudre aux yeux"

La multiplication des accidents en lien avec ces trottinettes électriques a poussé la mairie de Paris à prendre une série de mesures, comme l'interdiction de les stationner sur le trottoir ou la limitation de leur vitesse à 20 km/h. "Ces réponses ne sont pas à la hauteur, c'est de la poudre aux yeux", peste Arnaud Kielbesa, dont la femme et la fille ont été percutées par une trottinette en libre-service le 20 mai alors qu'elles se trouvaient sur un trottoir dans le XVIIe arrondissement. Lui a porté plainte contre la Ville.

"On ne parle pas du port du casque, on ne parle pas non plus de qui va contrôler les interdictions ou autre, poursuit ce père de famille, qui réclame "tout bonnement l'interdiction" de ces modes de transports qu'il ne juge aucunement écologique.

Le cas médiatique de la famille Kielbesa s'est accompagné de celui d'Isabelle Albertin, pianiste de profession à l'Opéra Garnier et dont l'avenir professionnel est désormais en suspend après qu'elle a été percutée violemment par une trottinette électrique. Avec son mari, elle a créé l'association philanthropique d'action contre l'anarchie urbaine vecteur d'incivilités (APACAUVI) qui va voir le jour officiellement dans les prochains jours. L'enjeu? "Mettre à disposition un système de défense pour tous les gens victimes d'accidents", détaille Jean-René Albertin.

Et ils seraient nombreux. Après avoir témoigné, la pianiste a reçu plus de 350 demandes d'autres blessés. Parmi elles, une jeune violoniste victime d'une double fracture. Sa plainte ne donnera pas de suites, le conducteur du véhicule a pris la fuite après l'avoir percutée.

Justine Chevalier