BFMTV

"Je me sens en danger": crainte et ras-le-bol après le meurtre de deux élèves d'un lycée d'Aubervilliers

Les professeurs du lycée d'Alembert à Aubervilliers interpellent sur les violences auxquelles sont confrontés leurs élèves, après de multiples agressions et le meurtre de deux lycéens. Les élèves font aussi part de leurs craintes pour leur sécurité.

"2 morts. En moins de 2 mois". C'est le terrible bilan que dressent les membres du personnel du lycée d'Alembert à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis dans un communiqué adressé au recteur de l'académie de Créteil.

Samedi dernier, Djadje, un élève de l'établissement de 19 ans est mort après avoir été poignardé en bas de son immeuble à Saint-Ouen. Le 4 octobre dernier, Kewi, 15 ans, lui aussi élève du lycée d'Alembert était mortellement poignardé aux Lilas. 

En plus de ces deux meurtres, les enseignants de l'établissement font état d'une vingtaine d'agressions dont ont été victimes les élèves depuis la rentrée de septembre: séquestrations, intimidations ou encore lynchages. 

"J'ai peur d'aller au lycée"

"Je me sens en danger, il y a des gens qui n'ont rien à voir, qui se retrouvent dans des histoires", témoigne un lycéen. "J'ai peur, j'ai même peur d'aller au lycée et c'est hyper dur parce que c'est des gens qu'on connaît", ajoute un autre. "Il faut avoir plus de surveillances sur les élèves, on est un peu laissés dans notre lieu... jeté aux lions", constate un élève. 

Ce sentiment d'abandon est partagé par les enseignants qui ont exercé leur droit de retrait en début de semaine. A bout, ils réclament d'urgence des moyens supplémentaires.

"Plus de moyens en terme de CPE, un CPE en plus, plus de surveillants, des locaux mieux entretenus, plus de matériel, si possible le classement en zone violence", résume Jacques Robinet, professeur au lycée d'Alembert. 

Face aux violences "insupportables", ces enseignants disent refuser le "fatalisme". "Nous refusons de nous habituer à cette violence et de continuer à nous mentir: l'école est au coeur de ces problèmes. Son échec, avec celui des autres services publics du territoire, est une des premières causes de ce drame", écrivent-ils au rectorat. 

Une situation préoccupante mais qui relève de la sécurité publique selon le rectorat, les violences ayant lieu à l'extérieur de l'établissement. 

Simon Azélie, Aurore Villemur avec Carole Blanchard