BFMTV

Insultes, fausses alertes : elles appellent 1 000 fois les pompiers en 20 mois

Un camion des Sapeurs-pompiers de Paris en intervention.

Un camion des Sapeurs-pompiers de Paris en intervention. - -

Trois jeunes femmes âgées de 16 à 20 ans ont appelé plus de 1 000 fois les pompiers de Paris entre février 2011 et septembre 2012. Des appels pour insulter les pompiers ou leur signaler de fausses alertes. Elles seront prochainement présentées à un juge.

Elles trouvaient cela drôle. Trois jeunes femmes âgées de 16 à 20 ans seront prochainement jugées pour avoir passé plus de 1 000 appels aux pompiers de Paris en 20 mois, entre février 2011 et septembre 2012. Des appels d’insultes, ou plus grave encore, de fausses alertes. A chaque fois, ces appels émanaient de la même ligne téléphonique. Une ligne pourtant difficilement identifiables, ce qui explique les nombreux mois qu’il a fallu aux policiers du XVIIe arrondissement de Paris pour réussir à identifier les auteurs de ces appels : deux sœurs de 17 et 20 ans et l'une de leurs amies, âgée de 16 ans. Convoquées les 24 avril par la police, elles ont reconnu être les auteurs de ces appels et ont été convoquées ultérieurement devant le tribunal correctionnel de Paris, suite à la plainte des pompiers. Selon un policier, les jeunes filles n'ont pas réalisé la gravité de ce qu'elles voyaient comme une simple blague.

Jusqu’à 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende

Potentiellement elles risquent gros, car le fait de téléphoner aux services de secours et de leur « divulguer une fausse information faisant croire à un sinistre » et entraînant une intervention inutile est puni d'une peine maximale « de deux ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende », rappelle la Préfecture de Police de Paris.

12 000 fausses alertes en 2012

En 2011, les pompiers de Paris ont reçu 1 601 127 appels sur le 18 et le 112, générant quelque 501 302 interventions. Environ 15% des appels reçus ne concernaient pas les missions des pompiers de Paris, soit environ 240 000 appels. Il y a eu plus de 12 000 fausses alertes. « Il faut distinguer les appels malveillants, qui se singularisent par leur fréquence, avec des insultes ou de fausses alertes, et les appels abusifs, qui sont des appels pour des situations qui ne nécessitent pas une intervention en urgence », a expliqué l'un des porte-parole des pompiers de Paris, le lieutenant-colonel Pascal Le Testu. Concernant ces appels abusifs, les pompiers de Paris ont notamment déposé plainte après avoir reçu d'une même personne près de 4 800 appels depuis octobre 2011. « L'enquête est en cours », a précisé Pascal Le Testu.

Philippe Gril avec Martin Bodréro